Red Bluff, California

Mardi 20 mai 2014, 08:15 am

Red Bluff, California

Ça y est… un mois après y avoir mis les pieds pour la première fois, nous avons quitté San Francisco pour de bon hier en fin d’après-midi, et cette fois-ci, nous n’y retournerons pas, en tous cas pas durant ce voyage, à moins que ce ne soit pour ramener Ducon à Marianne, car il semble qu’elle en soit tombée bien amoureuse… Nous n’y retournerons pas non plus pour aller récupérer le câble de l’ordinateur des enfants, ô combien précieux pour leur survie, oublié dans la chambre de Lucas, où Jules était installé pour ses séances de jeux favoris.

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Mais ce souci sera réglé jeudi matin, quand Soizig viendra nous retrouver en train au beau milieu de nulle part, avec le câble dans sa valise.

Non, voyez-vous, nous ne reverrons pas cette ville géniale, la plus sympa que l’on ait vue depuis notre départ, la plus délirante aussi, et ce n’est pas parce qu’on s’y est ennuyé, bien au contraire…

C’est plutôt car il y a encore beaucoup de route, de choses à voir, auxquelles il faut donner leur chance aussi. Parce que c’est vrai que sinon, tu as vite fait de t’y installer pour une période indéterminée à San Francisco, tellement tu t’y sens bien. Alors nous avons décidé de nous en séparer hier soir, le cœur déchiré, sans trop savoir pourquoi on s’en allait… Cette pauvre ville n’a pas dû comprendre notre réaction sur le moment, alors qu’on ne se connaissait seulement que depuis un mois, et que tout allait si bien entre nous…

En gros, c’est un peu comme quand, adolescent, tu te faisais larguer par ta nouvelle amoureuse rencontrée à la boom du collège trois jours avant, et qui avait le culot de te dire à la récré de dix heures du matin, entre le cours de Maths et celui d’Histoire-Géo, qu’elle te quittait parce qu’elle t’aimait trop, le tout sur un ton dramatique et sombre. La tuile quoi… surtout que t’avais commencé à te renseigner sur les prêts bancaires qu’on peut faire à un petit couple qui désire s’installer ensemble… S’il te plaît, la prochaine fois, dégage-moi avant le cours de sport, comme ça je peux au moins me défouler en courant dans tous les sens pour oublier que tu m’aimes trop !

Enfin, qu’est-ce que tu veux, c’est comme ça, toutes les belles choses ont une fin, et puis il y en aura d’autres, des booms…

Bon, je m’égare là… et ce n’est pas du tout de ça dont je voulais vous parler au départ, mais plutôt de nos folles aventures dans cette ville et ses alentours durant ces derniers jours, et on en a fait des choses !

Il y a d’abord eu la rencontre de Marianne, et de son San Francisco à elle, plein de surprises, puis les séquoias géants, les seuls arbres en bois du monde qui ne brûlent pas, une virée trop mortelle à Death Valley, deux Elvis pour le prix d’un à Las Vegas, le jour qui se lève en compagnie d’un éléphant taillé dans la roche, avant de surfer sur la Route 375 où, paraît-il, quelques soucoupes volantes viennent parfois prendre leur place dans le trafic au milieu des bagnoles, plus quelques extras à droite à gauche…

Non, je vous jure que je n’ai pas inventé, ni rêvé, tout ça. D’ailleurs j’ai oublié de mentionner dans cette liste que j’avais aussi vu les nibards de la Schtroumpfette ! Je m’en vais d’ailleurs vous détailler un peu tout ça pour vous prouver que je ne vous raconte pas de conneries !

MARIANNE ET SON SAN FRANCISCO À ELLE…

Commençons par Marianne, chez qui nous sommes allés juste après le départ de ma petite famille vers la France. Au départ, c’est une amie d’Aline, qui est une amie à nous, et qui nous avait mis en contact. Mais c’est aussi une amie de Samia, une autre de nos amies parisiennes que nous avons connue grâce à notre ami Lakhdar, mais qui n’avait aucune idée qu’on se retrouverait chez Marianne, car Samia et Aline ne sont pas amies, pour la bonne raison qu’elles ne se sont jamais rencontrées, enfin à ce que sache… Si ça se trouve, elles sont amies et elles ne le savent même pas ! Excusez-moi, mais je n’ai absolument rien compris à ce que je viens de vous raconter, mais c’est pas grave. L’important est qu’on se soit retrouvé chez elle et sa famille à Richmond, à côté de San Francisco, et qu’on ait passé de super moments avec eux.

Sitôt notre arrivée chez elle, en milieu d’après-midi, elle nous a proposé direct d‘aller à Port Costa, une sorte de petit village au bord du fleuve, planqué au bout d’une rapide virée à travers la campagne. Il y a pas mal de virages sur l’itinéraire, et c’est sûrement en voyant la tenue de route irréprochable de Ducon dans ces situations extrêmes que Marianne en est tombée irréversiblement fan… Peu de gens connaissent cet endroit apparemment, et c’est sûrement pour cela qu’il garde son charme, avec un vieil hôtel abandonné, et un bar qui, lui, et c’est le principal, est toujours ouvert, pour le plus grand bonheur de nos gosiers assoiffés…

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Si j’ai bien compris, c’est un lieu qui a eu beaucoup d’activité dans le temps, à l’époque du marché florissant de la canne à sucre, dont les bateaux transportant leur production arrivaient ici pour fournir le pays. Mais ça, c’était avant que la betterave ne devienne le fournisseur officiel de sucre, révolutionnant la donne, et ainsi le destin de Port Costa, et faisant d’Artenay, dans le Loiret, une ville à l’odeur immonde…

Enfin bref, nous, on a trinqué plusieurs fois à notre nouvelle rencontre, et à Belleville aussi, où Marianne a longtemps vécu avant de s’installer aux États-Unis. Elle y avait ses habitudes, aux Folies notamment, un bar que l’on ne présente plus pour ceux qui connaissent le quartier.

Elle nous a ensuite photographiés devant Ducon, postant cette photo sur son Facebook le soir même, et c’est ainsi que Samia nous a reconnus. C’est dingue, quand même… J’imagine bien sa tête devant son ordinateur à Paris, se demandant, en voyant ça, comment on avait atterri là !

Je ne sais pas qui a dit : « Le monde est petit, quand même », bien que je pense déjà que ça devait être une personne avec de grandes jambes, mais il avait raison. Moi, j’irais même bien plus loin, en disant que des fois, on a l’impression qu’il tient dans la poche, à condition d’emmener son pantalon, ou son manteau, ou tout ce qui a des poches, dans le plus d’endroits possible…

Après l’apéro à Port Costa, on est rentré chez elle pour dîner. On a fait la connaissance de Jim, son mari, et de ses deux enfants, Marco et Lucas. On a tous mangé dehors, dans le jardin, et il était convenu que l’on dormirait devant la maison, ce qui est mille fois plus agréable que d’aller à la pêche aux parkings !

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Jim est d’origine irlandaise, mais il est né à San Francisco. Il a vécu dans plein de quartiers de la ville je crois, et tu peux lui parler de n’importe quel endroit où tu t’es baladé, tu peux être sûr qu’il connaît, notamment Mission, où il a grandi si j’ai bien compris… Il a aussi pas mal bourlingué dans d’autres coins des États-Unis.

Après ce bon repas, on a laissé nos enfants sous la garde de ceux de Marianne, qui sont plus âgés, et on est parti avec elle en ville, découvrir son bar fétiche.

Pour rejoindre San Francisco depuis Richmond, tu traverses le Bay Bridge, et c’est super beau de nuit quand tu vois la ville de l’autre côté de la rive, qui s’approche tout doucement, à mesure que tu avances.

Tu prends ensuite la direction de la vingt-deuxième rue, à l’angle avec Bartlett Street, et tu arrives au Café Révolution. C’est chez Marianne ici ! Elle y connaît toute une foule de gens, et l’ambiance est vraiment cool, avec tous les soirs un concert ou deux. Ça danse dans la rue, ça fait la fête, tout le monde se parle et personne ne fait la gueule, vraiment sympa. On apprend en plus que les enfants sont les bienvenus ici, donc on se dit que la prochaine fois qu’on déboule, on les emmène avec nous, qu’ils se dégourdissent un peu les jambes sur de la bonne musique.

On n’y est pas restés bien longtemps ce soir-là, car on devait rejoindre la copine de Jess, Soizig, pour une autre soirée dont je vous donnerai quelques détails plus tard…

Le surlendemain, c’est la Russian River qu’elle nous a fait découvrir. Et tout comme Port Costa, peu nombreux sont les gens qui connaissent ce coin. On est tous parti dans le camping-car, il y avait aussi Lucas, le petit dernier de Marianne et nouveau pote de nos marmots, et Soizig, qui, après une quinzaine d’années de vie à San Francisco, venait ici pour la première fois. Tu as un peu plus d’une heure de route pour y arriver, au Nord de la ville, et une fois que tu y es, tu te poses par terre, tu ouvres une bonne bouteille, tu sors le fromage et les fruits, et tu t’en fous du reste ! Ah si, tu te lèves quand même au bout d’un moment, mais juste pour aller faire quelques longueurs dans la rivière.

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Il faisait beau, il n’y avait pas trop de monde pour un samedi, c’était le panard… Je crois qu’en été, c’est plus fréquenté, avec pas mal de divers événements dans le coin, qui attirent des gens de tous genres, des fêtards, des peinards, des tocards, un grand mix qui doit être rigolo à voir !

En rentrant, on s’est arrêté en ville pour manger des tacos à la Taqueria, une super cantine nichée au cœur du quartier de Mission. C’est trop bon, ça coûte que dalle, et tu t’installes sur de grandes tables, mélangé aux autres clients, trop marrant…

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Les enfants ont mangé mexicain par la même occasion, et ça n’a pas eu l’air de trop leur déplaire.

Vu qu’on n’était qu’à quelques blocs du Café Révolution, on s’est dit que ce serait bien d’aller digérer là-bas en dansant un peu sur le trottoir, alors c’est ce qu’on a fait. Les petits sont vite devenus les vedettes de la soirée, il faut dire qu’ils avaient la frite. Surtout Jeanne d’ailleurs, et on n’était pas au bout de nos surprises, car elle allait devenir, le lendemain, la reine de San Francisco…

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Elle a eu cette idée toute seule la Jeannette, au moment où l’on a garé Ducon près de Howard Street, pour nous rendre avec Marianne au festival « How Weird », en ce beau dimanche de mai. Je pense qu’en voyant ce mec déguisé en Superman, qui était en train de mettre de l’argent dans le parcmètre – ce qui m’a fait penser d’ailleurs, que ça ne devait pas être le vrai Superman, qui a ma connaissance ne se déplace jamais en bagnole – elle a dû se dire qu’il fallait absolument qu’elle aussi, elle se déguise pour la fête. Elle a donc enfilé illico sa désormais célèbre tunique de Licorne, connue dans toute l’Amérique, et s’est mise en route…

« How Weird » est une sorte de grosse fête techno, avec huit scènes parsemées tout au long de Howard Street, et à laquelle les gens se rendent pour la plupart déguisés.

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Ça commence à midi pour se finir vers vingt heures, ça te réveillerait les morts de tous les cimetières de la ville tellement les amplis sont réglés au maximum de leur puissance, et les gens paradent fièrement dans leur tenue de gala, dansent comme des robots au rythme des basses, le tout sous une odeur d’herbe qui te ramène soudainement à tes premières virées en week-end à Amsterdam.

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Il faut dire que dans cette ville, j’ai l’impression qu’il n’y a pas, durant toute l’année, un seul week-end sans un gros événement, et tout le monde profite de chaque occasion pour revêtir son plus joli costume, voire venir à poil pour les moins frileux…

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C’est d’ailleurs ainsi que j’ai pu voir, pour la première fois de ma vie, les nibards de la Schtroumpfette ! Elle est plus grande que je ne l’aurais pensé entre parenthèses, et c’est amusant de voir à quel point beaucoup de gens ont eu très envie de prendre la pose à ses côtés !

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Je pense que si le Grand Schtroumpf tombe un jour sur les photos de sa petite protégée en surfant sur internet, elle risque de passer un sale quart d’heure !

Jeanne, elle aussi, a fait l’unanimité, mais pas avec les mêmes arguments, fort heureusement ! Son accoutrement a déclenché une vague d’admiration et d’enthousiasme de la part de toutes les personnes qu’elle a croisées. Ce n’est pas compliqué, tout le monde voulait sa photo avec la petite licorne de Paris.

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Encore heureux qu’elle ne sache pas écrire, car elle aurait été bonne pour une interminable séance d’autographes !

Après avoir survécu à son premier grand bain de foule, Jeanne est vite partie se réfugier auprès de sa maman chérie, pour retrouver un peu de calme. Soizig était là aussi, et même Ryan, un cousin de Jess, qui écume les tables de poker des casinos de la région en ce moment.

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On est parti avant la fin de la fête, mais on n’en avait pas besoin de plus, on était déjà super multivitaminés !

Décidément, Marianne connaît les endroits où il faut être pour bien profiter de cette ville, et elle nous en a fait carrément profiter à fond. Tout comme elle nous a ouvert les portes de sa maison avec une infinie gentillesse, si bien qu’on s’y sentait vraiment chez nous, et c’est la raison pour laquelle on a pris notre temps avant de partir vers d’autres paysages.

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Se retrouver avec elle et sa famille était ce qui pouvait nous arriver de mieux après le départ de la mienne vers la France. On n’a pas eu le temps de cogiter, ni de voir la pression redescendre, ça a dépoté en permanence !

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Et puis passer un peu de temps dans une vraie maison, ça a du bon quand même… surtout quand tu peux profiter de la cour, comme les enfants l’ont fait tant qu’ils ont pu.

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C’est à se demander si on n’aurait pas dû proposer un échange sur quelques semaines à Marianne, nous dans sa maison, et eux dans le camping-car !

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On se souviendra aussi longtemps de la dernière soirée passée en sa compagnie, dimanche soir, quand on l’a retrouvée au Café Révolution. Elle revenait d’une journée à la Russian River, et était venue passer un moment dan son troquet préféré, avec Lucas, pour finir la journée.

L’ambiance était géniale, avec un groupe qui s’éclatait à jouer de la musique tzigane à l’intérieur. Il faisait bon sur la terrasse du bar, ça dansait de partout sur les rythmes entraînants du concert à l’affiche. Jeanne m’a invité pour une ronde endiablée, avant de s’endormir quelques minutes plus tard, dans le carrosse de son petit frère, comprenez la poussette ! On a passé un petit moment à discuter avec des potes de Marianne, et puis quand le troisième et dernier résistant, comprenez Jules, a fini par céder à la fatigue, et fermer ses stores, comprenez ses paupières, il était temps de rentrer à la maison…

LE SEQUOIA, L’ARBRE QUI NE BRÛLE JAMAIS !

On a quitté San Francisco une première fois, pour une virée d’une quinzaine de jours dans les quelques parcs qui manquaient à notre déjà riche palmarès, en sachant qu’on repasserait ici une fois cette boucle réalisée.

Le premier parc au programme était « Sequoia and Kings Canyon ». Comme son nom l’indique, il regroupe deux différents lieux, mais sa principale attraction, c’est bien sûr la découverte des majestueux arbres qu’il s’y sont installés, couleur cannelle, les séquoias…

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On a pris le temps pour nous y rendre, un jour et demi exactement. C’est toujours un peu dur de remettre la machine en route, surtout après une période avec un mode de vie plutôt sédentaire.

En plus, et après plus de deux semaines de vacances bien méritées, Jules reprenait ses chères études, et ça non plus, ce n’est pas un virage forcément simple à négocier… Il a donc fallu, durant le trajet jusqu’au parc, alterner entre cours intensifs pour notre grand dadais, et récréations délirantes avec ses frère et sœur, qui ont, dans ces moments-là, le rôle primordial de détendre leur pauvre aîné, condamné aux travaux forcés deux heures par jour…

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L’arrivée au parc s’est faite sous une mini tempête de neige. C’est vrai qu’on est à plus de deux mille mètres par ici, et il fallait s’attendre à ce genre de climat, sauf que nous, prévoyants comme nous le sommes, on avait encore sur nous les maillots de bain, qu’on avait gardés depuis notre escapade à la Russian River…

Comme ce n’était pas du tout un temps à mettre des petits Gorin dehors, on a décidé de consacrer la fin de l’après-midi à visiter la partie de Kings Canyon en camping-car, vu qu’apparemment, il n’y avait pas grand-chose de bien palpitant à découvrir de ce côté.

C’est en effet bien le cas, et à part une belle cascade et une vue plongeante sur le canyon, tu as vite fait le tour. Je leur ai donné rendez-vous au lendemain pour une petite séance photo, et en attendant que le mauvais temps ne se décide à aller voir ailleurs si on y était, on a trouvé un coin entre la route et la rivière, pour s’installer pour la nuit.

Comme par magie, le soleil était bien présent le lendemain matin, et ça change absolument tout quand il vient faire le ménage !

On a commencé la journée par une petite randonnée dans « Zumwalt Meadow », une plaine accueillante où coule une jolie petite rivière, et où l’on trouve les plus grandes pommes de pin du monde, bien évidemment… Hé mec, on est en Amérique ici, et ce n’est sûrement pas une petite pomme de pin de France ou d’Ouzbékistan qui va venir nous concurrencer !

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Comme je leur avais promis la veille, j’ai fait des petites photos des « Grizzly Falls » et du Kings Canyon, qu’au moins on apercevait enfin, contrairement à la veille, où ils étaient dans le brouillard…

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Nous pouvions désormais passer à l’autre partie du parc, celle où les séquoias te font choper un torticolis tellement tu dois tordre ton cou dans tous les sens pour les contempler.

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Les premiers que l’on a rencontrés avaient encore les pieds dans la neige. Ils sont impressionnants ces arbres, grands, massifs, ils semblent invincibles. Et pourtant leurs racines se s’enfoncent pas profondément dans le sol, on dirait plutôt qu’on les a posés là, sans trop les fixer dans la terre, histoire de pouvoir les déplacer à un autre endroit au cas où… Après, le seul inconvénient, c’est que t’as intérêt à prévoir pas mal de potes avec toi pour essayer d’en ramener un à la maison, car ça doit peser son poids…

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Mais ce détail est aussi leur seul point faible, celui qui fait qu’en cas de très très fort vent, ou de grosse grosse tempête de neige, il ne sont pas à l’abri de s’effondrer et là, bonjour les dégâts…

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Même si le temps s’était drôlement amélioré comparé à la veille, ils annonçaient encore meilleur le lendemain, et nous avons donc décidé de rester dans le coin, pour en profiter encore une journée de plus.

On a dormi dans un camping gratuit, c’est une façon de les nommer quand tu t’y pointes trop tard pour payer à ton arrivée, et quand tu te casses trop tôt pour raquer quand tu le quittes, alors tant pis… tu ne payes pas ! Et comme on dit, il n’y a pas de petites économies !

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Mais malgré les remords que cela engendre d’avoir manqué à ton devoir de payer les vingt-deux dollars pour ton emplacement, ce qui entre nous est du vol (pas ce qu’on a fait, mais ce qu’il demandent !), sans compter les nuits blanches passées ensuite à te sentir coupable d’avoir entraîné l’économie américaine dans un marasme absolu dont elle ne se relèvera certainement jamais, tu oublies vite cet épisode quand à sept heures moins le quart, tu te retrouves au beau milieu de la forêt, entouré par l’immensité de la nature que le soleil vient réchauffer de ses premiers rayons matinaux.

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Quoi de plus beau qu’une belle journée qui s’annonce dans un silence absolu, au milieu de nulle part, sans obligation aucune, et les dents pas lavées… À ce sujet, comme j’avais encore un morceau de viande de la veille coincé entre une canine et une incisive, j’en ai fait mon petit-déjeuner et ça m’a redonné un coup de fouet pour poursuivre ma promenade du matin, très agréable pour être honnête…

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J’ai fait le « Big Trees Trail », et là, on peut dire que les choses sérieuses ont commencé ! Les troncs des séquoias sont énormes, si bien j’ai même réussi à me paumer en faisant le tour d’un des leurs !

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Après j’ai essayé d’en serrer un dans mes bras, pour rechercher mon moi-même profond, enfin un truc comme ça qu’on n’arrive à trouver que si on danse un slow avec les éléments, mais ils sont trop larges les bordels, alors c’était pas encore ce matin-là que j’allais régler ce dossier…

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Enfin, en tout cas, c’est beau, et c’était bien là l’essentiel…

J’ai retrouvé la petite famille à l’auberge de chez Ducon vers neuf heures, et Jess était déjà prête pour sa grande mission, à savoir chercher une réponse à cet étrange phénomène constaté la semaine précédente à Yosemite, où nous avions vu des séquoias entourés de nature dévastée par des incendies, sans qu’eux ne donnent l’impression d’en avoir souffert…

Elle nous a, pour cela, entraînés dans le « Congress Trail », à la recherche d’indices pouvant nous aiguiller sur cette question.

Comme d’habitude, on a eu l’honneur de voir les meilleurs arbres du monde, les plus beaux, les plus musclés, et tout et tout…

Le premier que tu rencontres, tu ne peux pas le louper, c’est tout simplement l’arbre le plus volumineux du monde… C’est-à-dire qu’une fois que tu as réalisé un savant calcul impliquant la taille, l’envergure, la couleur des yeux, et la pointure de tous les arbres de notre belle planète, eh ben c’est celui du Sequoia National Park qui gagne à la fin ! Son petit nom, si ça vous intéresse, c’est General Sherman, et c’est un sacré morceau ! 2 200 ans d’âge, 84 mètres de hauteur, 31 de circonférence au sol, de quoi s’incliner devant tant de grandeur…

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Celui qui arrive à la seconde place vit aussi dans le quartier, c’est General Grant, qui était troisième avant, mais qui vient d’être promu, suite à un malaise fatal de l’ex-numéro deux, qu’on ne reverra plus… Il a aussi le titre honorifique de sapin (ou séquoia, comme vous voulez) de Noël officiel du Pays.

On a aussi croisé le « President Tree », le « Senate Group », au milieu duquel Jess et les enfants paraissaient minuscules, et le « House Group », mais cela ne nous a pas beaucoup éclairé sur la raison pour laquelle nous nous étions déplacés ici.

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Alors, afin de ne pas rentrer bredouille, Jess a décidé de prendre le séquoia par les branches, ce qu’on pourrait traduire chez nous par « prendre le taureau par les cornes », et elle en a serré un dans ses bras, intensément, comme j’avais essayé de le faire le matin même. Alors soit elle a de plus longs bras que moi, soit elle a choisi un bouleau en douce sans que je ne m’en aperçoive, et du coup, c’est bien plus simple d’en faire le tour, et elle est entrée en communication avec lui. Elle a pénétré dans son lui-même (pas de photo, désolé !), et il lui a révélé tous ses secrets, se mettant à nu devant mes yeux déconcertés…

Jess a ainsi appris que le séquoia était insensible au feu, tant que celui-ci ne monte pas lui chatouiller les branches. Du coup, tu peux bien faire griller tes chipos à côté de lui avec tes potes, ça ne le dérangera pas, et il ne sentira pas sa vie mise en péril pour si peu. Par contre, je ne peux pas te dire si c’est son écorce qui le protège, ou alors son bois, qui serait fabriqué sur une autre planète, peut-être la même que celle d’où vient Superman… Remarque, je dis ça, mais on sait bien maintenant que tout vient de Chine, et Superman reste une des dernières exceptions qui échappe à la règle…

Les Rangers en sont même arrivés, et cela est la réponse à notre question, donc concentrez-vous un peu et écoutez bien ce que je vous dis, à provoquer régulièrement des incendies de forêts afin de brûler les arbres qui entourent les séquoias, tant qu’ils ne sont pas trop hauts, donc qu’ils ne peuvent pas ensuite attaquer les branches des géants voisins, et provoquer leur destruction. C’est pas sympa pour les plus petits, mais c’est aussi ça l’Amérique, la raison du plus grand, du plus fort, ou du plus riche, ou même des trois, est toujours la meilleure, et les séquoias sont ainsi hors de danger…

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Et nous, on avait enfin élucidé ce mystère qui nous rendait la vie impossible depuis plusieurs jours…

Bon, après, j’ai dû séparer Jess du séquoia parce qu’elle n’avait plus rien à foutre là, serrée contre lui, alors je veux bien être gentil, mais faut pas déconner quand même !

Mais rassurez-vous, elle se sera vite remise de cette déchirante séparation, car déjà Death Valley nous appelait, et on allait rapidement passer de la neige au cagnard.

S’il y a une morale à cette histoire mon pote, je te la donne illico : ne te procure surtout pas de séquoia la prochaine fois que tu veux emballer une nana, en lui faisant le coup de la petite soirée romantique au coin du feu, histoire de l’impressionner… Parce qu’au bout d’une demi-heure, tu auras l’air très très con à t’époumoner en soufflant comme un taré pour l’allumer ce putain de feu, pendant que le bois restera de marbre malgré tous tes efforts, et que ta copine sera pliée de rire à te voir transpirer en vain pour essayer de sauver la face. Que tu te le dises une fois pour toutes, le séquoia, c’est plus fort que toi !

Avant de quitter le parc, on est passé au Visitor Center pour que les enfants récupèrent leur médaille, et je suis allé voir discrètement le chef des Rangers, lui proposant un nouveau slogan en guise de titre sur leur brochure, que j’avais trouvé dans la journée, et dont j’étais hyper fier : « Séquoia, ça me branche ! ». Il m’a fixé du regard quelques secondes, puis a tourné le dos pour passer à autre chose. J’en ai déduit que l’idée ne l’avait pas séduit… On ne badine pas avec la nature ici…

DEATH VALLEY, MORTELLE RANDONNÉE…

S’il y a un lieu dans le monde qui mérite de faire la couverture du livre Guinness des records, c’est bien Death Valley. Cet endroit bat absolument tous les records ! Vous ne me croyez pas ? Alors ouvrez grandes vos oreilles : c’est pour commencer le plus grand parc national desEtats-Unis. C’est ici qu’a été enregistré le plus haut pic de température sur le continent nord-américain de toute l’Histoire, avec 134°F au programme, je ne sais pas en quelle année…Ce n’est donc pas une surprise si je vous dis que c’est de même sur ces terres qu’il pleut le moins, avec en moyenne 5 centimètres de flotte par an, et parfois, des années sans eau… Et enfin, c’est aussi là qu’on se trouve, à Badwater plus précisément, au niveau le plus bas de tout le pays, à 85,5 mètres en-dessus du niveau de la mer…

C’est quand même balèze d’avoir réussi à réunir tout ça sur le même périmètre, vous ne trouvez pas ? Même Disneyland ne fait pas mieux !

Il était d’ailleurs temps qu’on s’y pointe car d’ici quelques semaines, ce ne sera plus supportable d’y mettre les pieds, tellement ce sera la canicule à plein temps.

On y est arrivé après un jour et demi de bagnole depuis Sequoia National Park. Pas grand-chose à raconter sur ce trajet, si ce n’est que le vent soufflait très fort, embarquant Ducon soit à droite, soit à gauche, par vagues successives, et au sommet des collines avoisinantes, les éoliennes, très nombreuses dans la région, turbinaient si fort qu’on croyait qu’elles allaient s’envoler…

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Jules a aussi eu un énorme élan de générosité lors d’un passage dans un Goodwill, ces magasins dont Jess raffole où tu déniches tout et n’importe quoi pour trois fois rien, en dépensant un peu de ses économies pour offrir à Jeanne et Jack de charmants petits doudous.

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Plus tard dans la journée, un soudain retour à la raison, sûrement accompagné d’une énième querelle avec sa sœur, a transformé le joli cadeau spontané en simple avance d’argent sur achat, dont il attendait désormais le remboursement sans délai !

Une fois un dernier bled, quasiment abandonné, traversé, nous sommes enfin arrivés à destination, prêts à affronter cette si impitoyable « Vallée de la Mort », dont on avait tant entendu parler.

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Tout de suite, le décor est planté… Il fait une chaleur à crever en ce milieu d’après-midi, et le vent se déchaîne encore plus que la veille.

La première curiosité de ce lieu est l’apparition soudaine d’un désert de sable au milieu de celui de caillasses, assez inattendu… C’est un peu le monde à l’envers, car d’habitude, tu es plutôt étonné de trouver une oasis planquée au beau milieu des dunes de sable, et cette fois-ci, ce sont ces dernières qui jouent à cache-cache.

Je me laisse happer par cet endroit, passant une dune, et puis deux, et puis encore une autre pendant qu’on y est. Au bout de la 435ème, je décide de faire demi-tour, car d’oasis il n’y a aucune trace ici, en plus je commence à avoir chaud, et le sable, emporté par les rafales de vent, me fouettent la tronche, et ce n’est pas agréable du tout. Cependant, ça valait le coup d’œil…

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On poursuit notre route, et plus on avance, plus on descend, atteignant le niveau zéro dans un premier temps, puis cent pieds en-dessous du niveau de la mer plus tard…

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Nous équipons Ducon de pneus palmés, achetés d’occasion dans une boutique d’articles de pêche situé à l’entrée du parc, au cas où la mer viendrait à recouvrir subitement la place, dans ce qui serait le tsunami du siècle. Mais bon, comme ils sont les meilleurs en tout, on n’est pas à l’abri de ce genre d’événement, juste histoire de dire qu’ils ont un nouveau record !

On termine notre balade du jour au « Zabriskie Point », le vent se déchaîne et recompose à sa guise nos coupes de cheveux, qu’il devait trouver moches à notre arrivée…

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Quand soudain, un drôle de phénomène prend place… Il souffle tellement fort qu’en quelques minutes, la vallée toute entière est recouverte d’un épais voile qui nous prive totalement de la vue de ce si beau paysage. Là, tu te dis que tu as bien fait de ne pas t’engager dans un trail de dix kilomètres avec les enfants, car si ça te tombe sur le coin de la gueule au beau milieu de ta promenade, t’es mal barré crois-moi…

Allez, « circulez, y’a rien à voir ! », comme disait Coluche, et on cherche, quasiment à l’aveugle, le camping où l’on va passer la nuit. On découvre à ce moment les avantages d’avoir un camping-car, car ceux qui ont prévu de roupiller sous tente ne vont pas passer une douce nuit. Les toiles sont toutes déformées, subissant les effets de la force du vent, et elles peinent à résister à cette tempête.

Les deux jours suivants seront consacrés à la découverte des quelques lieux accessibles de la vallée quand tu te déplaces dans un paquebot comme le nôtre. Tout ça pour te dire que c’est peut-être une meilleure idée d’avoir une jeep quand tu viens là, car ça te permet d’accéder à plus d’endroits, les routes étant principalement en terre, et bien cabossées.

Mais bon, on a eu droit au Golden Canyon, auquel on s’est attaqué de bonne heure. C’est une des choses à savoir ici, tu ne t’embarques dans des randonnées que tôt le matin, ou alors en fin de journée, mais le reste du temps, oublie les grandes manœuvres, et reste plutôt planqué à l’ombre à boire des bières, ça ne te fera pas plus de mal !

Ce canyon est plutôt sympa à traverser, et à la fin, tu t’offres une petite grimpette qui t’emmène à un joli point de vue sur les montagnes du coin.

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Le même jour, on est allé une première fois voir Badwater Basin, pour sentir ce que ça faisait d’être à presque cent mètres sous le niveau de la mer.

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Et bien il y fait chaud, comme partout ici, et le sol est recouvert d’une épaisse couche de sel, héritage de l’époque où cet endroit était recouvert par les océans.

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Le nom « Badwater », « mauvaise eau » en français, lui a été donné par un explorateur qui, de passage, avait voulu faire boire son cheval dans les flaques qui traînaient dans le coin, mais avait dû essuyer le refus de la brave bête, au régime sans sel…

J’ai été un peu déçu sur le moment, car je m’étais fait une autre idée de l’aspect d’un désert de sel… J’imaginais plutôt un truc genre damier géant tu vois, avec de grosses craquelures, alors que là, on aurait dit un parking géant de pâtés de sable. C’est comme ça, on se fait des fois des idées qui sont bien loin de la réalité…

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Nouvelle nuit dans le même camping, avec cette fois-ci un temps clair, donc apéro dehors, et des étoiles dans le ciel…

Durant la nuit, en plus du défilé habituel des gamins qui se réveillent régulièrement pour un oui ou pour un non, on a eu la chance d’être réveillés, et d’être aux premières loges, pour un drôle de récital… À quatre heures précisément, des hurlements de coyotes sont venus perturber notre sommeil, et cela a duré quelques minutes. Je ne sais pas s’ils étaient en train de s’engueuler pour une raison ou une autre, ou s’ils regardaient un match à la télé et encourageaient leur équipe favorite, mais en tout cas, il ont foutu un sacré bordel, et ceux qui dormaient sous la tente ont dû être surpris, et peut-être un peu flippés !

Le réveil a sonné peu de temps après, car je voulais voir le lever du jour au « Zabriskie Point », ce qui voulait dire être dehors vers cinq heures trente du matin…

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Franchement, ça vaut bien un petit effort, car on se croirait sur la lune, ou je ne sais où, et quand le soleil vient ajouter tout doucement du contraste à tout cet ensemble, c’est un moment magique et magnifique.

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Jules était réveillé quand je suis revenu, et monsieur avait une envie folle de partir à l’aventure au beau milieu des dunes, alors c’est ce qu’on a fait tous les deux pendant que Jess et les deux petits attaquaient la journée par un bon petit-déjeuner.

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On s’est tartiné une belle petite balade avec le Junior Ranger de service, et « Zabriskie Point » n’avait, à la fin, plus aucun secret pour nous…

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La suite du programme ? Une interminable ligne droite qui allait nous mener à « Devil’s Golf Course », un terrain où seul le Diable serait capable de jouer au golf, tellement il est impraticable pour ce genre de discipline… Je ne savais pas qu’il était sportif moi, le diable, mais si ils le disent…

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L’endroit est impressionnant tout de même, composé qu’il est d’énormes bourrelets tout de sel recouverts, à perte de vue… On pourrait presque s’y perdre. Alors autant dire que pour retrouver une balle de golf dans ce joli merdier, cela me paraît totalement impossible.

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Pour en finir avec Death Valley, nous sommes passés une dernière fois au « Badwater Basin », et avec Jules, nous avons poussé un peu plus loin notre exploration des lieux. On a bien fait, car on l’a enfin trouvé notre désert de sel bien craquelé, façon clip vidéo de « Temps à nouveau », de Jean- Louis Aubert.

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On a voulu se tenter une petite marelle vite fait avec mon bonhomme, mais pour le coup, les cases sont vraiment trop grandes, ça le fait pas pour ce genre d’activités…

Voilà qui conclut la visite de ce parc sur une excellente impression, et même si l’on n’a pas pu voir tout ce qu’on aurait voulu, comme le désert où d’énormes rochers se déplacent au fil des années, laissant une traînée de leur chemin parcouru derrière eux, un truc hallucinant apparemment, on en a quand même bien profité.

On a croisé un peu plus tard sur le bord de la route deux ou trois coyotes qui attendaient patiemment qu’une âme généreuse ne daigne leur donner un fond de gamelle traînant dans leur bagnole. Voyant ces pauvres petites bêtes affamées, j’ai failli tomber dans le panneau et leur refiler une banane pourrie qui zonait près de l’évier, et puis au moment de la jeter à l’un d’eux, je me suis rendu compte que c’était l’un de ceux qui nous avaient réveillés durant la nuit précédente, alors que si on paye dix dollars pour une nuit au camping, on peut au moins s’attendre à ne pas être dérangés comme ça en plein sommeil…

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Du coup, je leur ai fait un bras d’honneur, et j’ai bouffé ma banane à la fenêtre en les regardant baver d’envie, ce qui est la meilleure chose à faire en réalité, car nourrir un animal sauvage, c’est le condamner à une mort prochaine certaine, du fait qu’après ça, il ne sait plus se démerder tout seul pour survivre… C’est pas moi qui le dit, ce sont les Rangers du coin, alors bon, on ne va pas les contredire sur leur terrain.

Si ça peut vous rassurer, je vous promets que si ça avait été un être humain qui aurait été à la place du coyote, je lui aurais filé un morceau de la banane, peut-être même lui aurais-je proposé de le déposer quelque part si ça pouvait le dépanner…

Mais pour ça, il aurait fallu qu’il ait envie d’aller vers la même direction que la nôtre, à savoir le Nevada…

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VIVA LAS VEGAS !

S’il y avait bien une ville dont je n’attendais pas monts et merveilles, c’était bien Las Vegas. Je ne sais pas pourquoi, mais c’était comme si je m’étais mis en tête de ne pas rentrer dans son jeu, je n’en ai pas les moyens de toute façon ! Eh bien finalement, on s’est bien marré dans ce drôle d’endroit, et même si c’est un tantinet dans l’exagération, tu peux passer un bon moment à condition de prendre tout ça à la légère… En faisant croire par exemple à Jeanne que le château qu‘elle a vu à notre arrivée dans la ville appartient à une jolie et heureuse princesse, nageant dans le bonheur auprès de son prince charmant. Et non pas qu’il renferme dans ses centaines de chambres pas mal de pauvres utopistes désenchantés, venus au départ pour faire fortune, et qui viennent bêtement de se faire déplumer au casino d’en face…

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Cette première journée ici a été celle des rendez-vous manqués… pourtant Jess nous l’avait préparée avec un programme aux petits oignons ! En plus, on avait trouvé un parking à l’œil en plein Strip, l’avenue où toute l’animation de la ville est concentrée, donc ça ne pouvait pas mieux commencer.

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L’idée première était d’arriver à temps au Flamingo, pour voir un membre de son personnel nourrir les vedettes locales, deux pélicans récupérés dans la nature alors qu’ils étaient à l’article de la mort, et qui coulent maintenant une retraite heureuse ici, dans les jardins de la propriété…

Malheureusement, nous étions en retard d’un quart d’heure, et quand nous sommes enfin arrivés, les deux bêtes étaient déjà en phase de digestion, scotchées sur leur rocher, et le fameux spectacle était bel et bien terminé.

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Il n’y a pas qu’eux d’ailleurs qui semblaient éprouver quelques difficultés à se remettre de leurs exploits, car on a aussi vu un couple, des êtres humains en l’occurrence, qui avait lui aussi déposé les armes, élisant domicile sur un des bancs du jardin  le temps de se retaper vite fait!

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Les enfants ont tout de même apprécié l’endroit, truffé d’oiseaux de toutes sortes, et puis au moins, ils ont pu se réconcilier avec les perroquets, avec lesquels les relations avaient été beaucoup plus tendues lors du récent tournage d’une scène du film « Once upon a Time in Frisco », à Monterey. Cette fois-ci, les bestioles sont restées calmes, à bouffer leur banane, sans aucune intention de s’en prendre aux gamins, et ont ainsi redorer le blason de leur espèce au yeux de la nôtre.

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La mission suivante était de nous rendre au Caesar’s Palace pour assister à un spectacle de son et lumière consacré à Atlantis, la légendaire cité sous-marine, mais là encore, nous sommes arrivés à la bourre, et on a juste gagné un tour gratuit dans les galeries marchandes du complexe, dont la déco est hallucinante. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils mettent les moyens pour impressionner les touristes, et tu pourrais même tourner tout un paquet de scènes d’un péplum ici s’il y avait besoin.

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Après ces deux échecs successifs, on s’est dit qu’il valait mieux se laisser vivre, sans trop se fixer d’objectifs précis. J’ai alors proposé à tout le monde de revenir un peu sur nos pas, car j’avais cru apercevoir la Tour Eiffel, et je voulais en avoir le cœur net. Effectivement, ils en ont installée une, proclamant qu’elle mesure la moitié de celle que l’on connaît sur les bords de la Seine, mais j’ai un peu de mal à le croire pour être honnête…

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C’est à cet instant qu’on a croisé les deux Elvis les plus claqués du monde. Ils discutaient tranquillement dans la rue, après avoir descendu les escalators que nous venions de monter juste à côté. Ceux-là, il fallait absolument les choper ! On les a retrouvés après quelques minutes d’une course poursuite infernale, et ils ont accepté de poser avec plaisir, et avec Jess et Jeanne par la même occasion !

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Les deux vedettes étaient bien sympathiques, mais je ne vous raconte pas l’haleine… Ils puaient la bibine à plein nez, et essayaient de se donner l’accent du Sud, qu’ils ne maitrisaient pas vraiment pour être franc ! Mais bon, on a bien rigolé, et Jeanne a eu le droit à une escorte royale dans les rues de Vegas… La grande classe, quoi !

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Ensuite, on a croisé un Minion, ce personnage de je ne sais plus quel film d’animation dont les enfants raffolent, puis le seul homme au monde capable de rester assis des heures sans fauteuil, et sans se plaindre…

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Il y a quand même un truc pour lequel on est arrivé à l’heure ce jour-là, c’est pour admirer les fontaines dansantes du Bellagio. Remarque, cela aurait été compliqué de le louper, ils remettent ça toutes les demi-heures ! C’est joli ce bordel… les jets d’eau évoluent au rythme de la musique judicieusement choisie, c’est poétique, c’est élégant, et ça se termine toujours en apothéose avec un bouquet final qui n’a rien à envier aux plus grands feux d’artifice célébrant le Nouvel An ou la fête nationale.

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Ce même hôtel renferme aussi un magnifique jardin botanique, aux mille couleurs, et même un tableau entièrement réalisé de compositions florales… Beau travail, même si jamais l’idée ne me viendrait de foutre ça sur le mur de mon salon, ni en déco intérieure de la Ducon-mobile !

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Las Vegas est aussi la ville idéale pour les touristes étrangers, en mal de leur pays. Et ce Paris qui nous manque de temps à autre, nous avons pu nous y replonger l’espace d’un instant, et c’était bon… Nous avons marché un peu le long de la Tour Eiffel, admiré le pont Alexandre III depuis les machines à sous auxquelles on n’a pas touché de la journée, et profité des terrasses des cafés, avec leurs serveurs toujours pressés et désagréables à souhait…

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Et puis il y a New York City aussi, avec une belle vue sur Manhattan Skyline et ses buildings d’une hauteur étourdissante, la statue de la Liberté, toujours fière et digne, et puis les ruelles sombres de Greenwich Village, où tu arrives après avoir traversé le casino et ses machines qui clignotent de partout.

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Non mais t’imagines un peu la thune qu’ils claquent pour dépayser les visiteurs ? C’est délirant, flippant, désolant ou trop marrant, à toi de te faire ta propre opinion mon gars ! Quant à moi, je garde la mienne…

Bon, on ne va pas trop se plaindre de leur tendance à l’excès, de ces chers américains, car ça reste tout de même très agréable de changer la couche de ton gosse avec la vue sur Manhattan, quand tu es dans le Nevada ! T’es pas d’accord avec ça, Jack ?

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Las Vegas, c’est aussi ce célèbre panneau, à l’entrée du Strip, en guise de bienvenue dans le plus grand traquenard que l’homme ait inventé sur Terre…

J’ai voulu aller le photographier juste avant la tombée de la nuit, tu vois, histoire de donner un style paradisiaque à la photo, avec des nuages roses ou orange derrière, le palmier juste à côté encore doré par le dernier rayon de soleil encore vivant, tout ce qu’il faut pour en faire une bonne vieille carte postale à quarante centimes quoi !

On avait juste mal estimé, avec Jess, la distance qu’il y avait à parcourir avant d’y arriver, et putain c’était loin. Je suis parti tout seul devant du coup, en trottinant, mais tu parles, une fois là-bas, les nuages aux chaudes couleurs tant espérés avaient viré au noir, le palmier était invisible, et donc je n’ai eu que le panneau sur la photo, ce qui est déjà ça tu me diras, mais qui ne fera définitivement jamais de moi un bon photographe de cartes postales…

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On ne pouvait pas quitter cette ville non plus sans emmener les enfants au M&M’s World, le paradis des petites pastilles au chocolat ! C’est encore du gros délire là-dedans, et il y a de quoi faire tourner la tête aux amateurs de cette friandise qui se mange sans faim.

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En plus, c’est du self-service, donc ne laisse jamais traîner ton enfant plus de trois minutes tout seul dans le coin, sinon il te remplit dix sacs de bonbons et après, à la caisse, tu pleures !

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Et puis il y a différentes attractions aux autres étages du building, qui ont bien fait marrer les enfants, avec en point d’orgue la projection d’un petit film d’une dizaine de minutes en 3D dans une vraie salle de cinéma, durant lequel tu en prends plein les yeux et les oreilles !

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Voilà, juste pour prouver à la France entière qu’il y a bien un ou deux palmiers qui zonent autour du panneau « Welcome to Las Vegas », on a fait un rapide stop à cet endroit avant de quitter la ville pour de bon, et là, c’est le défilé permanent pour le droit à une photo bien ringarde.

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Les gens font la queue avec une discipline remarquable, attendant patiemment leur tour, tout en répétant la pose absurde qu’ils vont mettre en scène d’ici quelques minutes pour le grand moment de leur séjour ici !

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ÉLÉPHANT DE PIERRE ET VALLÉE DE FEU

C’est toujours à peu près le même refrain pour expliquer l’origine de la formation de tous ces lieux improbables et extraordinaires que nous avons la chance de visiter au cours de ce voyage. Au départ, ça remonte systématiquement à l’époque des dinosaures, ce qui veut dire qu’il devait en exister un, plus cultivé que les autres, qui a noté quelque part ce à quoi il a assisté pour le transmettre aux générations, et aux nouvelles espèces, à venir. Donc, à « Valley of Fire », où nous étions en visite, ce dinosaure en question a ainsi rapporté qu’il avait été le témoin du déplacement massif des dunes de sable non loin d’ici, entraînant la formation, avec le temps et l’érosion, de ces rochers aux drôles de formes qui composent ce parc, leur laissant aussi cette teinte rouge ou orangée si particulière…

Alors quand même, tu te dis que pour le remercier d’avoir transmis tout son savoir au fil des siècles, et ce jusqu’à nos oreilles de touristes français de passage dans la région en 2014, la nature aurait pu au moins essayer de laisser un rocher à son effigie, le représentant dans toute sa majestuosité, ce qui aurait été la moindre des choses… Bah, tu parles, elle s’en fout la nature de tout ça, et à la place, elle a laissé en héritage un pauvre éléphant.

C’est pas que j’aime pas les éléphants, au contraire, je les trouve même assez sympathique, mais c’est plutôt le fait qu’ils n’étaient pas nés quand tout ça s’est passé qui me gêne. Tu vois ce que je veux dire ? Comment la nature aurait eu l’idée de faire un rocher en forme d’éléphant, alors qu’ils n’existaient pas à l’époque ? Y’a un truc qui m’échappe dans tout ça… Où alors c’est le dinosaure qui s’est foutu de notre gueule, inventant cette légende de toute pièce, histoire de se donner de l’importance, alors qu’en réalité, il n’a rien vu !

Enfin bon, on ne va pas refaire l’Histoire, et à cinq heures trente du matin, quand je suis sorti pour faire une petite virée photographique, c’est bien un animal à défenses et trompes incorporées que j’ai rencontré.

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Comme toute la petite famille dormait encore à poings fermés, j’ai continué ma petite tournée, passant devant quelques jolis spécimens rocailleux, comme les « Seven Sisters » par exemple.

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J’ai décidé ensuite de virer à droite – pas dans mes convictions politiques, soyons clairs, mais sur la route ! – direction « Fire Canyon »… Jules s’est réveillé à cet instant, venant regarder à mes côtés la belle route qu’on empruntait, bien que je ne pense pas qu’il en ait énormément profité, ses yeux étant apparemment encore bien collés, comme c’est souvent le cas après un long sommeil !

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Le canyon est en effet bien rouge, on dirait un gigantesque incendie au milieu des montagnes…

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Une fois tout le monde levé, on a poursuivi notre découverte de tous ces immenses cailloux multicolores, en passant notamment par les « White Dunes », le « Mouse’s Tank », ainsi que d’autres curiosités rencontrées au fil de notre itinéraire…

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Avant de nous poser pour le déjeuner, nous avons aussi fait une halte à Arch Rock, près du camping. C’est toujours amusant de découvrir ces sortes de ponts de pierre, et en-dessous, les vents s’étaient amusés, au fil du temps, à créer d’amusantes formes dans la roche, et d’autres plus angoissantes…

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Juste après, tu tombes sur le « Poodle Rock », c’est-à-dire le caniche, qui, lui aussi, appartient à une espèce qui n’existait pas il y a 150 millions d’années, décrédibilisant encore plus notre pauvre vieux dinosaure et sa théorie sur les conditions de la naissance de ce lieu…

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On a profité du paysage pour faire rapidos le shooting de la prochaine campagne de pub pour la crème de pieds pour enfants, tu sais, celle qui sauve les cas les plus encrassés, et les plus désespérés ! Et pour les nôtres, il y a du boulot…

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Pour finir, on a essayé d’apprendre l’alphabet indien à travers quelques pétroglyphes abandonnés depuis des siècles sur les parois, on s’est approché, avec précaution évidemment, d’immenses essaims d’abeilles solidifiés que l’on trouve à « Beehives », et puis on a quitté tranquillement ce magnifique parc dont on n’attendait pas autant de merveilles…

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L’AUTOROUTE DES PETITS HOMMES VERTS…

Je ne sais pas trop pourquoi, au juste, on s’est retrouvé à traverser la Route 375, plus connue sous le label « Extraterrestrial Highway »… Je crois bien que c’est mon neveu Léo, vous savez, celui qui était venu en Californie à la pêche aux T-shirts Hollister, qui m’avait parlé de l’existence de cet endroit, alors on s’est laissé tenter.

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C’est donc une longue ligne droite, d’une centaine de Miles environ, soit 160 kilomètres, et sur laquelle il ne se passe absolument rien… Mais alors rien du tout !

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Allez, on va quand même mentionner un ou deux bleds qui essaient de s’appuyer sur la réputation de cet autoroute pour ouvrir un petit bar par-ci, ou un resto par-là, mais guère plus…

L’origine du nom « Extraterrestrial Highway », contrairement à la formation des drôles de cailloux de la « Valley of Fire », ne remonte pas à l’âge des dinosaures, mais simplement à 1996. Et elle est la conclusion de tout un enchaînement d’événements faisant suite à une apparition à la télé, en 1989, de Bob Lazar. Ce gars déclare ce jour-là avoir bossé sur des vaisseaux spatiaux, laissés en souvenir par des extraterrestres de passage sur Terre. C’est dans la zone 51, la base militaire de la Nellis Air Force Range située non loin de la Route 375, que toutes ces expériences ont eu lieu. Par-dessus le marché, il enfonce le clou en prétendant avoir assisté à des vols d’essais de soucoupes volantes dans le coin, et là, il n’en faut pas plus pour faire mordre à l’hameçon l’américain moyen, avide d’expérience paranormale, qui pourrait un peu pimenter son triste quotidien alternant entre boulot et télé, le tout recouvert d’une grosse couche de chips, et d’hectolitres de Budweiser…

Des milliers de curieux affluent ainsi de partout pour assister au spectacle, et la commission de tourisme du Nevada s’empresse de rebaptiser la route, histoire de faire mousser le truc.

Encore une fois, nous avons la preuve du pouvoir, mais aussi du danger, de la télévision, et je vous demande à tous, qui lisez ces lignes, de balancer la vôtre par la fenêtre, au cas où vous ne l’ayez pas encore fait…

Ce changement de statut pour cette route va faire les affaires du petit village de Rachel, comptant une centaine d’habitants, et plus proche patelin de la zone 51, qui va voir ses rues envahies de touristes.

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On y est passé bien sûr puisque, de toute façon, il n’y a pas d’autre chemin pour sortir d’ici, et on a fait une pause au bar-restaurant local, qui propose sur sa carte l’inimitable « Alien Burger », qu’on n’a pas goûté rassurez-vous…

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Et cet endroit a quand même eu son heure de gloire en 1998, servant de décor à un épisode de la série X-Files, comme quoi, quand on tient le bon filon ici, on l’exploite jusqu’au bout !

La grande question reste quand même de savoir si on en a vu de ces foutus ovnis depuis tout ce temps-là, car c’est ça, le but du jeu, si je ne m’abuse… et je crois bien qu’il y a un homme dans ce bled pour qui c’est le cas, et depuis, il s’en méfie comme de la peste de ces fichus hommes verts ! On l’a rencontré dans le bar avec Jess, et on s’est assis à sa table quelques minutes. Il nous a affirmé en avoir vu un une fois, un soir d’hiver, alors qu’il était dans son salon. Son seul souci, c’est qu’il n’y voyait déjà plus grand-chose depuis de nombreuses années maintenant le pauvre homme, et il était donc incapable de nous dire s’il était apparu à la fenêtre, ou à la télé, qui était située juste à côté ! En plus, et là-dessus il est catégorique, c’était une rediffusion d’E.T. qu’il matait ce soir-là, ce qui sème encore plus le doute sur la crédibilité de son histoire…

Toujours est-il que depuis, il a viré tous les posters de cul qu’il avait placardés dans sa bagnole, tu sais comme ils font aussi les camionneurs, et à la place, il a en permanence trois carabines accrochées là, prêtes à faire parler la poudre en cas de rencontre fortuite avec un de ces « étrangers », comme il les appelle… Tu sens d’ailleurs, vu le personnage, que cela ne le dérangerait pas de confondre un alien avec un mexicain, ou toute autre personne qu’il ne porterait pas dans son cœur de plouc dégénéré…

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L’autre endroit qui a une drôle d’histoire sur cette « Extraterrestrial Highway » est la « Black Mailbox », la célèbre boîte aux lettres qui a perdu de son bronzage avec les années, et se retrouve bien pâlotte aujourd’hui…

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Elle est, elle aussi, paumée au milieu de nulle part, avec rien d’autre dans les soixante bornes alentours, et appartient en fait à Steve et Glenda Medlin, qui crèchent pas loin, au bout de l’allée. Sauf qu’à une époque, dans les années 1990 plus précisément, les chercheurs d’ovnis ont supposé, on ne sait pourquoi, qu’elle était la boîte aux lettres de la zone 51, se réunissant autour d’elle pour venir observer le ciel, et fouillant même parfois à l’intérieur, en espérant y dénicher des infos ultra secrètes, ou des scoops juteux…

Saoulés par tout ce bordel, les Medlin ont fini par la remplacer par une autre boîte, blindée celle-ci, et blanche, cela n’empêchant pas les amateurs de soucoupes volantes de venir toujours dans le coin, n’oubliant jamais de laisser une trace écrite de leur passage ici.

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Enfin bon, l’essentiel maintenant, c’est de trouver un bon sheriff qui va nous débarrasser de ces sales bêtes de l’espace, au cas où elles nous veulent du mal. Et comme les élections semblent approcher à grands pas, Bill Becht, comme tous les autres postulants, ferait bien de promettre à ses partisans un retour au calme dans le ciel du Nevada, s’il veut décrocher la lune…

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QUELQUES EXTRAS POUR LA ROUTE…

T’es déjà allé au Cat Club à San Francisco ? Non ? Alors là mon pote, faut absolument que tu ailles y faire un saut la prochaine fois que tu traînes par là-bas, c’est du lourd !

Au fait, c’est une discothèque dont je te parle, et pas n’importe laquelle…

On y a retrouvé Soizig le soir-même où ma famille était rentrée, après un petit tour au Café Révolution avec Marianne. Elle voulait qu’on la rejoigne pour une soirée « Années 80 », qu’un copain à elle animait, caché derrière ses platines.

Sacré retour en arrière quand même, à coups de Depeche Mode, Duran Duran, et le reste du gratin dans les oreilles, avec, en plus du son, l’image, pour te plonger encore plus dans le contexte… En effet, chaque titre était accompagné de son clip sur écran géant, et en voyant ça, tu te demandes pourquoi on bloquait notre début de soirée chaque samedi pour regarder l’émission du TOP 50, au lieu d’aller jouer au foot entre potes !

On a même eu droit à Desireless, cette espèce de vieux balai monté à l’envers, et son éternel « Voyage, voyage », avec lequel elle s’est plutôt bien démerdée quand on y pense !

Il y a quelques habitués apparemment dans cet endroit, dont un vieux papy de quatre-vingts piges bien sonnées, déguisé en teenager, qui de temps en temps se soulève de son siège, et danse sur quelques morceaux, histoire de faire un peu d’exercice…

Et puis il y a Wendy aussi… qui nous a été présentée par Soizig. Grande, élancée, les cheveux ondulés et de longs cils, elle s’est approchée de nous dans le noir – je vous rappelle que l’on est en boîte – et poliment, j’ai dit : « Bonsoir madame, je m ‘appelle Jérôme », le tout en anglais je précise. Ce à quoi elle a répondu : « Hi, I’m Wendy », d’une voix très grave… trop grave pour être celle d’une femme ! Et puis la Wendy, à mieux la regarder, maintenant qu’on était à côté d’elle, elle avait aussi du poil aux pattes, mais il était trop tard maintenant pour corriger mon erreur… Je me suis alors dit que si jamais j’avais l’occasion de la saluer au moment de partir, je lui dirai : « Au-revoir, monsieur » !

On a aussi, le lendemain, fait une belle balade avec Soizig dans le quartier de Mission, qu’on avait déjà un peu exploré avec ma famille la semaine précédente.

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On a bien pris le temps de visiter les rues du coin, curieux d’y voir un maximum de peintures murales, qui font sa fierté. Et c’est vrai que ça met de la vie et de la gaité partout où tu passes. On s’est fait une pause Donuts dans une petite boutique à l’angle d’une rue, au grand plaisir des enfants, et puis ensuite, on s’est reposé un peu les pieds dans un square, où tous les autres gamins parlaient espagnol.

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Ils sont cools les espaces pour les enfants ici, et il y en a un sacré paquet dans la ville. Celui où nos gosses se sont bien éclatés était dans le Golden Gate Park, à l’Ouest de San Francisco. Ils ont pu là-bas faire de la luge sur des bouts de carton trouvés par terre, ça leur a rappelé les glissades sur les dunes de sable de « White Sands », au Nouveau Mexique…

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Toujours grâce à Soizig, j’ai pu aussi, en empruntant son super vélo électrique que je sais même toujours pas comment ça marche, me payer une petite virée en deux-roues dans le Castro, juste à côté de Mission. C’était avant-hier, et j’avais envie de passer devant le cinéma, qui porte le nom du quartier, et qui a conservé son beau décor d’inspiration hispanique, et puis aussi devant l’ancien magasin de photo d’Harvey Milk, dont l’appartement était situé juste au-dessus. Toute une époque…

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Un truc impressionnant qu’on a vu juste après avoir laissé Las Vegas derrière nous était « Hoover Dam », un immense barrage construit dans les années 1930 et destiné à contrôler en partie la Colorado River, qui arrose quand même pas moins de sept États ! Parce qu’avant, tu avais des inondations partout à la période de la fonte des neiges, et en automne, c’était plutôt ambiance sécheresse dans les bleds bordant la rivière… Il était donc grand temps d’intervenir, et ainsi de construire ce qui sera à l’époque le plus grand barrage du monde, un record de plus… et il fallait bien ça pour réguler la situation.

Jess m’a déposé sur un pont qui surplombe le barrage, que je me suis tapé à pied pour m’offrir une vue assez étonnante du lieu. Effectivement, ça a de la gueule, et il fallait avoir la folie des grandeurs pour se lancer dans une telle aventure il y a bientôt un siècle…

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Traverser Yosemite National Park en arrivant depuis l’Est a été aussi une jolie découverte, déjà parce que ça nous a permis, avant d’attaquer le parc, de jeter un œil sur le point culminant du Nevada, Boundary Peak, qui mesure 4 000 mètres, et puis car on a pu à nouveau voir la neige, et c’est toujours un grand moment de joie pour nous.

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Surtout qu’en fait, on ne s’y attendait pas du tout. C’est vrai quoi, on avait fait l’autre partie du parc avec la famille il y a peu de temps, et on n’avait pas vu une seule trace de flocon pendant les trois jours passés ici, mais on n’était pas à la même altitude de l’autre côté… En effet, ici, c’est beaucoup plus haut et le tapis blanc persiste jusque tard au printemps.

Alors on s’est un peu pelé les miches le temps de s’habiller plus chaudement, mais après, on a bien profité du sublime paysage en se promenant autour d’un lac perché à 3 031 mètres de haut, notre record à nous je crois depuis le début du voyage…

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Un peu plus bas, j’ai longé à pied la rivière pour quelques poses longues dont je ne me lasse jamais. L’eau dépotait avec une violence inouïe, et même s’il reste encore de la neige tout en haut, on a la preuve ici qu’elle fond pas mal également !

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Et puis ensuite, on a tracé vite fait car on voulait rejoindre ce soir-là Los Banos, au Sud de San Francisco, pour procéder à un échange de GPS qu’on avait acheté dans le Wal Mart de cette ville il y a quinze jours, et qu’on ne pouvait troquer contre un autre dans aucun autre magasin, car on avait perdu le ticket d’achat…

Du coup, ça faisait pas moins de 750 kilomètres au compteur dans cette seule journée, et sans GPS, puisqu’il nous attendait au bout du chemin !

À croire qu’on n’en a jamais assez de ce rythme infernal…

Une réflexion sur “Red Bluff, California

  1. Figurez-vous que je connais Samia depuis à peu près 18 ans et que je l’ai vue à toutes les grosses fêtes de Marianne en France ! Marianne m’avait aussi fait découvrir le café Révolution, la Taqueria et la Russian River l’année dernière. On se voit bientôt !! bises à tous

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