San Francisco, California

Samedi 1er mai 2014, 09:00 am

San Francisco, California

Alors là, j’espère que là-bas, en France, vous étiez bien devant votre téléviseur je ne sais plus quel samedi d’avril, pour ce qui restera, pour les siècles à venir, un des plus beaux moments de solidarité et d’amour auquel on n’ait pu assister sur le petit écran.

Non, non, ce n’est pas de l’autre truffe de Patrick Sébastien qui fait tourner ses serviettes dont je vous parle, ni de Drucker en train de passer la brosse à reluire à toutes les vedettes qui défilent sur son plateau, s’esclaffant à chacune de leurs blagues pourries même si ce n’est pas drôle, et les trouvant toujours d’une élégance raffinée même s’ils portent chemise orange, gilet fuschia et pantalon vert. C’était encore moins de Ruquier qui, à l’inverse, et accompagné de sa bande d’intellos plus forts que tout le monde, s’amuse à tailler en pointe les invités de passage.

Là, je vous parle de l’émission diffusée sur Swing TV, et animée par le nouveau duo qui monte, « La Gouille et Coco », qu’en plus j’ai la chance de connaître depuis de nombreuses années, et ça fait toujours classe d’être potes avec des gens du Showbiz…

Comme on n’a pas la télé ici, on a pu en voir une retransmission sur internet, et sans vous mentir, on avait les larmes qui nous montaient avec Jess tellement ce programme nous a touché, tant l’émotion était au rendez-vous…

Mais quand tu y penses, quelle idée géniale ils ont eue d’avoir organisé le premier Duconthon de l’Histoire… Il faut être un génie pour penser à ça, et avoir un cœur gros comme ça, et quand tu sais que toutes ces ondes positives te sont adressées, tu ne peux qu’être touché, même coulé par tant d’attention et de générosité.

Je peux te dire que Alice Cooper et sa bande de claqués qui ont voulu sauver le panneau « HOLLYWOOD », ils peuvent aller se rhabiller, parce que c’est que dalle à côté de ce que les potes ont fait pour nous !

L’émission a été un grand succès, les T-shirts collector, dont le design a été réalisé de main de maître par Nicolas et Vanessa – on est dessiné dessus ! – se sont arrachés comme des petits pains, si bien que j’ai eu écho, depuis l’Amérique, du désir d’autres personnes, ayant rater le coche, de s’en procurer un absolument ! Ben oui, ça ce sont certainement des gens qui ont regardé Patrick Sébastien ce soir-là… Grillés !!! Allez, en vous débrouillant bien, vous arriverez bien à en avoir un, et puis c’est pour une bonne cause !

Et puis si vous n’en trouvez pas ce coup-là, vous pourrez toujours acheter celui de la seconde édition du Duconthon, dans un an, quand on se tapera le tour de l’Afrique, ou de l’Asie !

Voilà, c’est très difficile de trouver les mots justes pour dire à quel point vous nous avez tués là-dessus les copains, alors on va vous dire simplement merci, du fond du cœur, merci de penser à nous, et de nous suivre sur ce voyage, on a l’impression que vous êtes avec nous tous les jours.

Merci aussi à l’équipe technique, qui a travaillé jour et nuit pour la préparation de cette émission (là, on dirait vraiment Drucker…), merci à Émilie, envoyée spéciale dans la région Ile de France, qui a su porter la bonne parole dans la capitale et ses environs, jusqu’en Italie d’ailleurs !

Merci aussi à Tateu, ma sœur, pour les besognes administratives, et encore un immense et sincère merci à Nico, Vanessa, David et Maud, pour cette touchante surprise, qui en plus de nous faire très plaisir, va nous aider tout au long du chemin !

Enfin, merci au nombreux public ayant répondu présent à l’appel du Duconthon car, « sans vous, nous ne serions rien… » (cf Michel Drucker, dans l’émission Champs-Élysées du samedi 9 février 1985).

Ce qui est sûr, c’est que vous allez pouvoir frimer avec votre T-shirt l’année prochaine, quand on aura sorti un livre sur notre voyage qui sera, à n’en pas douter, un best-seller, vendu à plusieurs millions d’exemplaires ! Les gens vous accosteront dans la rue, en le voyant, vous demandant jalousement si vous nous connaissez, et depuis combien de temps, et si on est aussi sympas en vrai que dans le bouquin, et tout ça quoi…

Vous n’aurez qu’à leur dire que vous, comme vous nous avez aidé à l’époque, vous l’avez eu gratos l’ouvrage, et dédicacé par toute la famille en plus… même par Ducon, qui a laissé une trace de pneu sur la dernière page !

Bon, maintenant, le truc, ça va être de trouver un éditeur pas trop frileux…

Et nous aussi on y a eu droit à nos T-shirts, et on n’est pas peu fiers de les porter, croyez-moi !

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Ils nous ont été livrés par la mère Gorin en personne, Marie-Rose de son joli prénom, à bord de Ducon, et ce quelques minutes après son arrivée sur le sol californien, accompagnée de mes deux frangines, Tateu et Fanette, et Léo, le fils de cette dernière.

Jess était allée les récupérer avec les enfants aux arrivées du terminal 2 de l’aéroport de San Francisco, pendant que je tournais en boucle dans le coin avec Ducon en attendant de les choper lors d’un passage, vu que notre discret bolide était interdit de stationnement tout le long du terminal.

Ils exagèrent les mecs quand même, car ils laissent des avions beaucoup plus imposants que notre zinc à nous se garer toute la journée dans le coin, mais dès qu’on veut se poser dix minutes pour attendre la famille, ça fait toute une histoire ! Faites gaffe les guignols, c’est ma mère qui déboule là ! C’est pas n’importe qui !

Et puis au bout de mon 126ème passage, je les vois enfin attendre sur le trottoir, tout le monde est là ! Alors embarquement immédiat à bord de Ducon et en avant pour Marriott !

Non mais t’y crois à ça ? Marie-Rose Gorin, de plus en plus belle du haut de ses soixante-dix-neuf balais, née à Châteaudun, Eure-et-Loir, et en virée pour dix jours à San Francisco, Californie ! Ça pète, non?

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Avec Jess, on a tout prévu depuis quelques jours, et Mamy va être condamnée à se la couler douce ici. Comment nous sommes-nous organisés ? C’est pas compliqué : en s’arrangeant pour qu’il n’y ait jamais trop d’eau dans les cuves, de façon à ce qu’elle ne se mette pas à faire la vaisselle en douce, sitôt une bouchée de son repas engloutie. Parce qu’elle est comme ça Mamy sinon, elle mange de la main droite, pendant qu’elle commence à laver ta gamelle avec la gauche ! On s’est aussi débarrassé de la planche à repasser, ainsi que du fer, pour ne pas qu’elle nous fasse une rechute non plus de ce côté-là. Remarque, on n’en avait pas avant qu’elle n’arrive, donc on ne risquait pas grand-chose là-dessus…

Comme je m’en doutais, il n’y a pas eu de round d’observation et j’ai tout de suite eu le sentiment qu’on s’était quitté seulement la veille.

Tous les quatre portaient les T-shirts concoctés spécialement pour le Duconthon, et Tateu nous a raconté comment les potes avaient organisé tout ça, on n’en revenait pas avec Jess…

Une fois à l’hôtel, que nous avions réservé pour deux nuits, et après nous être installés dans nos chambres respectives, nous nous sommes retrouvés pour un petit dîner improvisé, composé de toasts en tout genre, accompagné d’un rosé américain, qui a la particularité de ne pas du tout avoir le goût de celui que nous connaissons chez nous, et la distribution des petits cadeaux pour les enfants a débuté. Mamy avait en effet, en plus de ses bagages, une valise entière remplie uniquement de livres et de jouets destinés à nos trois petits chanceux, dont les yeux brillaient autant qu’un certain vingt-cinq décembre, si on a été sage toute l’année ! Tu aurais dit une représentante en jouets de chez « Toys’R’us » la Mamy, avec sa valdingue remplie à ras bord… Puis nous avons commencé à voir comment nous allions occuper notre temps tout au long de cette dizaine de jours à venir.

Cette réunion familiale se tenait dans le lounge de l’hôtel, et alors qu’on avait quasiment planifié tout le séjour ensemble, un drôle de monsieur est arrivé, qui allait bouleverser totalement la suite des événements…

Il s’est présenté à nous, il s’appelait Pauly Wood, et il se disait réalisateur de cinéma. Avec ses cheveux en bataille sur le crane, et son air illuminé, nous, naïfs, on l’a cru…

Il était assis à la table à côté de nous depuis un moment, et avait écouté notre conversation. Il avait alors eu l’idée du siècle, une révélation, et cela allait devenir la pièce maîtresse de son œuvre, l‘aboutissement de sa déjà riche carrière !

Et voilà comment on s’est retrouvé, en cinq minutes, engagés pour les rôles principaux de ce qui allait être le prochain gros succès du septième art, « Once upon a Time in Frisco… »

Le scénario, qu’il avait déjà en tête, était haletant. Laissez moi vous en dévoiler les grandes lignes…

Harcelés depuis deux mois par les responsables financiers de leur opérateur téléphonique, dont je tairai le nom par respect pour cette société, leur reprochant l’oubli du paiement d’une facture d’un montant de 20,75 euros qu’ils étaient pourtant certains d’avoir réglée, Jérôme et Jessica Gorin, accompagnés de leur trois enfants, décident de garder leur honneur, et plutôt que de résilier leur contrat chez SFR, pour une erreur qu’ils n’ont pas commise, préfèrent fuir le pays la tête haute et tenter leur chance aux États-Unis, parce qu’en plus, ça n’a pas l’air d’être mieux chez Bouygues ou Orange…

Alors qu’ils sont en train de traverser la Californie, après quelques mois de périple, fermement décidés à trouver de l’or dans ses rivières pour se refaire une santé, ils apprennent que des membres de la famille de Jérôme vont venir leur rendre visite très bientôt, avec chacun un but bien précis en tête…

Marie-Rose, la mère, qui ne s’était jamais remise d’avoir vu Jules pleurer toutes les larmes de son corps, certes frêle, mais ça fait quand même pas mal de flotte, le jour de son exil forcé vers l’Amérique, lui avait promis de venir le voir le plus rapidement possible, et elle tenait à respecter son engagement, malgré le côté éprouvant d’un tel voyage, et les remords de laisser Goune, sa belle-sœur qui s’appelle Cécile en vrai, et qui vit dans la maison voisine, seule face à son destin pendant cette période.

Tateu, la fille aînée de Marie-Rose, institutrice de son métier, était officiellement là pour venir suppléer Deborah Cned, jugée trop sévère pour les cours de rattrapage de Jules, qui n’avait pas besoin de ça, déjà qu’il avait été traumatisé par la séparation avec sa grand-mère. Mais cette mission n’était qu’un argument qui cachait un autre désir bien plus fou… En réalité, elle rêvait de trouver la fameuse « Maison Bleue » dans laquelle, elle pensait, résidait encore Maxime Le Forestier, dont elle était secrètement tombée éperdument amoureuse depuis son adolescence, lorsqu’il avait composé ce beau succès. Puis pourquoi pas séduire le chanteur et s’y installer avec lui, dans cette maison, mettre des fleurs dans ses cheveux, sans penser au lendemain… ce qui est assez courageux quand on y réfléchit, car le lendemain, je te dis pas l’état de tes cheveux, une fois que t’as viré les fleurs !

Fanette, la seconde fille de Mamy, allait, quant à elle, pouvoir essayer de percer enfin dans la chanson, ce qu’elle n’avait pas réussi à accomplir sur le territoire français, pas plus d’ailleurs qu’en Asie, d’où elle revenait tout juste, mais où son immense talent n’avait pas été reconnu, ne rencontrant malheureusement pas le succès tant escompté… Elle en avait de la voix pourtant, et du charisme, et quand elle se laissait aller à quelque représentation en famille le dimanche soir, ou durant les vacances au ski, tout le monde était sous le charme, lui prédisant un avenir doré dans la chanson. Mais son vrai modèle, celle qui lui avait tant donné l’envie de suivre cette voie, qui l’avait fait rêver depuis toute petite déjà, c’était France Gall, qu’elle aimait imiter le samedi soir devant la télé, à la grande époque des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, mais tout ça ne nous rajeunit pas mes amis…

Léo, le fils de Fanette, avait lui aussi fait le déplacement, dégoûté qu’il était du prix exorbitant des T-shirts « Hollister » sur Paris, alors qu’ici, en Amérique, il pourrait les trouver pour sept ou huit dollars pièce, ce qui justifiait amplement l’achat d’un billet d’avion pour trouver cette fameuse boutique ! Et puis c’était une bonne occasion d’avoir un aperçu de la vie de routard, lui qui se tenterait bien ce genre d’expérience au pays des kangourous un de ces jours…

Bon, OK, ça a l’air sympa ton projet, Pauly, mais nous, on est un peu en vacances ici aussi, donc on va le faire ton film, mais on va aussi se la jouer touristes par la même occasion, d’accord ?

Et ça a bien fonctionné cette petite affaire, on a pu se prendre pour des vedettes sans se prendre la tête !

Le lendemain, jour des deux ans du petit Jack, les premières scènes du film devaient avoir lieu dans le Sud-Ouest de la ville, avec la recherche de la fameuse « maison bleue » de Maxime en fil conducteur. Après une bonne nuit de repos à l’hôtel, toute la famille était d’attaque dès le matin, sous un joli soleil de printemps. On est monté à bord de Ducon – on tient tous dedans ! – et on s’est dirigé vers Twin Peaks.

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Monter sur l’une de ces deux collines offre une belle vue d’ensemble de la ville, et Tateu espérait vraiment pouvoir repérer l’objet de ses désirs depuis tout là-haut. Mais pour le coup, c’est vrai qu’on est très très haut, trop d’ailleurs pour ce genre de quête…

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On a quand même profité du spectacle, avant de décider de redescendre et tenter notre chance vers Mission, là où a débarqué à vingt ans Carlos Santana, guitariste d’origine mexicaine qui touche légèrement sa bille. Ce qui était cool avec ce tournage, c’est que comme cela venait d’une idée spontanée de Mister Wood, datant de la veille au soir, rien n’était écrit et on improvisait le scénario à notre guise, au gré de nos envies.

Mission est le premier quartier de San Francisco, à caractère très hispanique. Il est super animé cet endroit, et très coloré aussi, grâce aux innombrables peintures murales qui le décorent. Ces fresques immenses racontent le plus souvent les luttes contestataires de l’Histoire, latines ou d’autres origines quelquefois, et c’est un régal pour nos curieux yeux de les contempler au fil des rues. Il n’y a pas que ces thèmes qui sont abordés, et tu peux aussi admirer, au hasard d’une ruelle, une belle nana toute de cuir vêtue, ou Michael Jackson en plein délire…

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Enfin, c’est bien beau tout ça, y’a des couleurs, y’a de la vie, mais toujours pas de maison bleue…

La suite de l’aventure mène alors cette gentille petite famille à Haight Ashbury, là où est né le mouvement hippie, durant les années soixante. Mais tout de suite, et même si le quartier reste original et agréable, on sent que l’esprit n’y est plus…

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On voit surtout des voitures de police qui défilent, demandant aux SDF allongés sur le trottoir de trouver un autre emplacement pour camper, ce qu’ils font illico, s’arrêtant le plus souvent cinq ou dix mètres plus loin !

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Il y en a même un pour qui les choses ont tourné au vinaigre, car il a essayé de repousser un pompier venu le secourir, sous les yeux d’un flic, et ça, ce n’est pas le genre de comportement qui plaît ici, et le mec s’est vite retrouvé menotté et balancé dans le véhicule noir et blanc, avec en poche un séjour gratuit en cellule de dégrisement, dans le meilleur des cas…

Pour le reste, des bars et des boutiques où l’on trouve beaucoup de fringues avec Bob Marley dessiné dessus. C’est bizarre, je pensais qu’il appartenait plus au mouvement rasta qu’à celui hippie, mais peut-être que la différence n’est pas énorme, et puis l’essentiel, c’est de vendre !

Alors, dans le film, on en trouve une maison dans le coin qui a son histoire, mais pour commencer, elle n’est pas bleue, et puis ce n’est pas Maxime Le Forestier qui y a vécu, mais Janis Joplin.

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Là arrive un passage assez triste dans le scénario, où Tateu demande au reste de la famille de la laisser seule, préférant rentrer à pied jusqu’à l’hôtel, la tête basse. Elle décide alors de traverser le Castro, le quartier gay de San Francisco, où Harvey Milk tenait sa petite boutique photo dans les années soixante-dix, avant de se lancer dans une carrière politique qui lui sera malheureusement fatale. C’est alors qu’en remontant la 18ème rue, devant le numéro 3841 plus précisément, elle lève le regard, histoire de voir où elle va, et ça tombe bien, car ça lui permet d’éviter de justesse un panneau de signalisation planté quelques centimètres devant elle, qu’elle aurait pris en plein dans la gueule sinon. Et soudain le temps s’arrête, suspendu… Ses genoux tremblent, son cœur bat la chamade, elle croit rêver, mais pourtant c’est bel et bien là…

Mais qu’est-ce donc qu’elle voit ? me demanderez-vous.

C’est une maison bleue, adossée à la colline, elle y va à pied – donc c’est bon jusque-là, comme elle a décidé de rentrer à pinces au Marriott – elle ne frappe pas, mais ceux qui vivent là… ont fermé à clé !

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Oh, les cons ! Elle y était presque, putain…

Finalement, après quelques minutes, un couple de retraités tout liquide vient ouvrir la porte. Tateu leur demande dans un anglais impeccable : « Does Maxime The Forestier live here, please? » Mais ceux-ci répondent à la négative, expliquant à ma sœur que Maxime n’était resté dans cette bâtisse que quelques semaines de l’année 1971, et qu’après avoir lancé sa carrière grâce à ce titre, était rentré en France parce qu’il trouvait qu’on bouffait quand même vachement mieux là-bas, ce à quoi je lui donne entièrement raison.

Il y était revenu tout de même à cet endroit, quelques trente années plus tard, mais avait eu la drôle de surprise de retrouver une maison verte ! Finalement, sa maison de disques, dont le logo n’est pas bleu, a lancé une opération marketing, en la faisant repeindre comme elle était à l’origine, puis en posant une plaque en l’honneur du célèbre chanteur sur sa façade.

Tateu nous a rejoint, la mine déconfite, car c’en était fini de ses espoirs de conte de fées sur toile californienne, et Pauly Wood a hurlé « Coupez, elle est bonne ! » dans son haut-parleur, nous libérant pour la fin de la journée. Avant de partir, je l’ai remis à sa place, car on ne parle pas comme ça de ma sœur…

On est allé se décontracter un peu à la plage, à Baker Beach, juste à côté du Golden Gate Bridge.

Les enfants ont joué dans le sable, pendant que Tateu, qui était encore la tête dans son rôle, reluquait les beaux surfeurs, se disant, comme pour se consoler, qu’il n’y avait pas que Maxime Le Forestier sur terre…

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Puis plus tard, on est rentré à l’hôtel par le tramway, qui s’amusait à nous filer le mal de mer en parcourant les rues vallonnées de la ville à fond les gamelles.

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Et comme on avait bien travaillé, la production nous a offert sa tournée de pizzas, qui feraient l’affaire pour célébrer l’anniversaire de Jack, après lui avoir promis qu’il aurait un vrai gâteau le lendemain soir…

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Dans le scénario du film, il n’y a pas que Tateu qui est déçue d’apprendre que Maxime Le Forestier a quitté la ville il y a longtemps déjà… Fanette aussi en est très peinée, elle qui pensait, à juste titre, que devenir la belle-sœur d’une telle vedette lui ouvrirait les portes de la gloire bien plus facilement, et rapidement. C’est d’ailleurs bien connu que ça ne marche qu’au piston dans ces milieux-là. Du coup, cette triste nouvelle foirait tous ses plans.

C’est ainsi qu’elle décidait de s’en remettre à ses vieux classiques, et son interprète qu’elle admirait tant, France Gall…

Vous vous souvenez de ce titre qu’elle chantait dans les années quatre-vingts, qui s’appelait « Hong-Kong Star » ? Faut aimer… mais c’est la chanson qu’avait préparée Fanette pour tenter de percer quelques semaines plus tôt en Thaïlande, créant un flop monumental. Un agent, là-bas, lui avait tout de même suggéré d’aller présenter ce spectacle en Amérique, où le public serait peut-être plus réceptif, et c’était donc l’occasion ou jamais pour elle de se jeter à l’eau.

Comme elle devait aller tourner seule les scènes du film où elle était censée devenir la gagnante du grand concours annuel de karaoké de Chinatown, et ce entouré d’un casting de folie composé de Madonna, Christina Aguilera et Susan Boyle, qu’elle allait coiffer sur le poteau, on en a profité, avec le reste de la famille, pour aller visiter le coin.

Une grande porte, avec ce qui doit vouloir dire « Bienvenue » inscrit en chinois dessus, t’accueille à ton arrivée. Je dis ça, bien que je ne me sois pas plus renseigné que ça sur la traduction, mais ça m’étonnerait qu’il y ait marqué « Va te faire foutre ! » comme message aux touristes de passage !

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Et puis après, tu te sens comme à la maison, comme à Belleville quoi, avec tous ces restaurants d’où sortent un parfum de douces saveurs que te met en appétit à chaque coin de rue, ou ces boutiques qui vendent exactement les mêmes babioles que dans le dix-neuvième arrondissement de Paris. Tu sais bien, genre le chat tout doré qui bouge son bras comme pour te dire bonjour de loin, accompagné en fond sonore d’une chansonnette insupportable qui te donne envie de balancer le truc par la fenêtre…

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On est aussi passé devant un magasin de perruques, alors on s’est dit qu’on allait en prendre une pour Fanette, quand on la retrouverait après son karaoké, mais il n’avait pas la couleur « France Gall », pas assez excentrique je pense, vu ce qu’ils proposaient !

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Ah oui, on était accompagné cet après-midi là par Soizig, une amie d’enfance de Jess. Elles ont presque grandi ensemble, car vu que les parents de Jess, beau-papa et belle-maman, travaillaient tard le soir dans la restauration, elle et son frère Christophe se retrouvaient très souvent chez la maman de Soizig, Brigitte, qui s’occupait d’eux. Vous la connaissez aussi si vous suivez nos aventures, on était passé chez elle à Williamsburg, en Virginie, début janvier.

Soizig vit maintenant à San Francisco, et ce depuis une quinzaine d’années, pas très loin de l’ancienne maison de Maxime Le Forestier d’ailleurs, et elle porte toujours de très originaux chapeaux qui laissent Jeanne béate d’admiration…

On est allé déjeuner dans un restaurant chinois, Soizig a tenu à tous nous inviter, en utilisant la fameuse technique américaine. C’est moi qui l’ai baptisée ainsi cette technique, parce que je ne vois que les ricains faire comme ça, et c’est leur truc. Alors je te donne l’astuce, parce que si ça te fout mal à l’aise de te faire inviter toi, ta femme, tes enfants, et tout le reste de ta famille la prochaine fois que tu es au resto avec une personne qui vient du pays des dollars, tu dois être prêt à agir rapidement. Quand approche la fin du repas, si cette personne en question se lève, prétextant qu’elle a besoin d’aller pisser par exemple, surtout ne la laisse pas faire ça et ressers lui de la tarte, ou un canon de rouge, car sinon, au lieu d’aller aux toilettes, elle va aller au comptoir, et demander à la nana à la caisse de lui présenter la note à elle seule car elle veut absolument payer pour tout le monde… C’est très gentil, mais bon, c’est un peu gênant, surtout qu’on était beaucoup sur la note !

Sans compter qu’après, tu prends l’air tout confus, presque vexé, du style : « Oh, mais fallait pas… pourquoi t’as fait ça ? », en pensant tout bas qu’après tout, ça nous arrange quand même un petit peu… T’en viens même à regretter de ne pas avoir pris de dessert !

Je rigole évidemment, c’était vraiment très sympa de la part de Soizig, et franchement, elle recommence quand elle veut !

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L’heure était venue ensuite de rejoindre Fanette, qui devait certainement avoir achevé son tournage, ayant peut-être déjà booké, par la même occasion, une tournée de concerts à travers toute l’Amérique pour les mois à venir.

Mais malheureusement, les choses ne s’étaient pas passées vraiment comme prévu… Le soi-disant casting de rêve, prévu à la base, n’était qu’une sombre supercherie, Pauly Wood n’ayant pas les fonds suffisants pour s’offrir de telles stars. Ne s’étaient présentés aujourd’hui que des sosies de vedettes, Madonno et Christian Agualeri, un travelo du quartier qui galère un peu. Ah si… par contre c’était la vraie Susan Boyle, mais pour le coup, ça aurait été plus fun d’avoir son sosie ! En plus, Fanette a paniqué au moment de commencer sa chanson, sûrement à cause de la pression, et avec tout ce matériel autour d’elle, même si, pour des restrictions budgétaires, Pauly n’avait trouvé qu’un spot IKEA en promo pour la lumière, mais il trouvait que ça donnait un côté intimiste très raccord avec l’esprit du film… Si tu l’dis Pauly, ça doit sûrement être vrai. Et puis au final, elle ne se souvenait même plus des textes de la chanson, toute flippée qu’elle était, alors que c’est pourtant pas compliqué de s’en rappeler merde, c’est du France Gall, pas du Bashung ! Et comme les paroles sur l’écran du karaoké étaient sous-titrées en chinois, puisque ça se passait dans un restaurant de Chinatown, elle a essayé de les lire en suivant la mesure, alors je ne vous dis pas le résultat… Il paraît que même les gros poissons rouges, qui attendent d’être bouffés dans les aquariums géants en faisant des ronds, ont bu la tasse tellement ils se fendaient la gueule…

Mais finalement, cet événement imprévu et fâcheux ne tombait pas si mal, car la suite du tournage devait avoir lieu à Monterey, au sud de San Francisco, au bord de la mer. Donc ça faisait un peu genre la famille qui retrouve la sérénité après tant de déboires, tranquillement installée sur la plage, à regarder les vagues faire leur incessante danse d’aller et venue sur le sable chaud, le tout accompagné de la douce musique de leur clapotis, dont raffolent les escrocs qui te vendent ça sur de désolantes compilations qu’ils appellent « Plaisirs des Bermudes », ou « Bien-être aquatique ». Et encore, une fois sur deux, je suis sûr qu’ils font les prises de son dans leur salle de bain, en essayant de faire des longueurs dans la baignoire tout en tenant le micro pour s’enregistrer, ou alors quand ils tirent la chasse !

Bon, encore une fois je m’emporte un peu… C’est à se demander si je ne ferais pas mieux de rester toute ma vie à bord de Ducon, car je ne suis pas certain de bien supporter le retour à la vie normale à notre prochain retour !

On y est arrivé le soir même, nous installant dans un beau camping au bord de la mer que Jess avait dégotté, et on a pu, comme on le lui avait promis la veille, faire souffler à Jack sa bougie d’anniversaire, tout en lui faisant déguster une part du gâteau qui était caché dessous !

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Les premières scènes que l’on devait tourner ici se passaient sur la plage, c’était l’heure de gloire de Mamy dans le film, là où elle profite de sa famille, heureuse d’avoir répondu présente à l’appel de détresse de Jules le jour du départ. C’est vrai que ça lui faisait un sacré déplacement tout de même, c’est fatigant, beaucoup d’organisation, mais quelle joie de pouvoir serrer dans ses bras ses petits-enfants adorés, enfin surtout Jules et Jeanne, parce que Jack, il se débat trop, vu qu’il ne tient pas en place !

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N’empêche qu’il avait vite reconnu Mamy à son arrivée, et après quelques minutes de timidité, l’avait adoptée à nouveau.

S’en sont donc suivies de nombreuses scènes de joie et de complicité, de bonheur partagé entre tous, une vision de la famille parfaite bien à l’américaine, c’était beau, et émouvant…

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Il n’y a que Fanette qui , à un moment, a refusé de tourner une séquence avec Jack, mais elle nous a donné la raison quelques instants plus tard. En fait, quand il est sorti de sa loge, où la costumière s’était occupée de le préparer, il ressemblait tellement à Christian Agualeri que ça lui a rappelé sa journée catastrophique de la veille, au karaoké…

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Bien sûr, pour que tout soit parfait, il aurait fallu que Nicolas, notre frangin, soit là aussi, à la place de Léo… Mais non Léo, je déconne ! On était fans de t’avoir avec nous. Et puis selon le réalisateur du film, Mister Wood, c’est toujours plus vendeur quand il manque quelqu’un à la fête, ça peut donner lieu à quelques passages nostalgiques, qui font verser sa larme aux plus solides spectateurs…

La seconde partie de la journée était consacrée aux scènes d’action, et là, les enfants entraient en scène… L’idée était de faire un petit clin d’œil au célèbre réalisateur Alfred Hitchcock, et à l’un de ses chefs d’œuvre, « The Birds », qui avait été filmé non loin de là, au Nord de San Francisco.

Comme il n’avait pas réussi à mettre la main sur la même marque d’oiseau que celle utilisée dans le film du « maître », comme il le surnommait, Pauly Wood s’est dit que deux perroquets feraient bien l’affaire, sans compter que cela apporterait de la couleur au film, bien qu’il eut décidé la veille au soir de tout virer en noir et blanc, à cause de la teinte d’un jaune cradingue que rendait l’utilisation du spot IKEA sur la pellicule lors du tournage à Chinatown.

Bref, tout était prêt pour le tournage, enfin presque tout… En fait, l’éleveur de perroquets était à moitié torché car il sortait du restaurant avec des potes, et ses sales bestioles étaient hyper agressives, ne cessant de jacasser dans leur langue, donc en anglais, des « Pee-yew ! », qui pourrait se traduire en gros par : « Oh là là, tu pues d’la gueule, toi ! ». Et ce con, ne se rendant compte de rien, a posé les oiseaux sur nos gosses, qui se sont faits pincer jusqu’au sang (j’en rajoute un peu…) avant que les animaux ne soient finalement maîtrisés… L’enfer…

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La suite du programme allait être beaucoup plus sympathique car Pauly, dépité, nous avait donné quartier libre pour la soirée et la journée du lendemain, et Jess avait retrouvé dans le coin des anciens collègues, et proches amis, de ses parents, qui s’étaient installés à Monterey il y a quelques années et tenaient un restaurant ici.

Kathy et William, puisque ce sont d’eux dont on parle, nous ont reçu dans leur restaurant, un endroit très chic, en fin d’après-midi, et ont insisté pour que l’on reste déguster quelques-unes de leurs spécialités. On s’est régalé de Macaroni & Cheese au homard, de pommes de terre aux truffes, et de langoustines entourées de bacon fumé, le tout arrosé d’excellents vins de toutes les couleurs, qui nous ont comblés !

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Kathy nous a aussi donné des entrées pour l’aquarium de Monterey, et nous a invité chez elle pour le lendemain soir, que demander de plus ?

On a fini la soirée en regardant les bateaux sur le port, avant de tomber sous le charme d’une loutre de mer qui, impudique, a fait sa petite toilette devant nous pendant quelques minutes, avant de prendre congé de nous en plongeant vers les profondeurs, tout en prenant soin de nous laisser une belle mouise à la surface de l’eau en cadeau d’adieu !

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Pour la journée de repos du lendemain, nous avons pris la direction de l’aquarium, un des plus réputés des États-Unis (quelle surprise!). C’est vrai qu’il est sympa, même si au bout d’une heure, t’en peux plus de voir des poissons qui se demandent ce que tu viens foutre chez eux, à les regarder bêtement. Je suis sûr que s’ils étaient en liberté, eux, ils ne s’emmerderaient pas à aller voir d’autres animaux en cage.

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Mais on n’y est pas allé pour rien malgré tout dans ce lieu, car cela a permis de redonner le moral à Fanette, et de la motiver à nouveau dans sa quête de reconnaissance dans le milieu du Showbiz. En effet, un groupe de japonais, en vacances en Californie en voyage organisé et visitant l’aquarium ce même jour, s’est soudainement agglutiné autour de ma sœur, comme des abeilles autour d’une belle fleur… (si avec ça j’ai pas un super cadeau pour mon prochain anniversaire…). Des cris d’admiration fusaient de partout, les flashs crépitaient dans tous les sens, un homme est même tombé dans les pommes, et il a fallu le balancer dans le bocal à hippocampes pour qu’il reprenne conscience. Ils lui ont alors expliqué qu’ils l’avaient vue chanter en chinois il y a deux jours dans un restaurant de Chinatown, et que même s’ils n’avaient rien compris aux paroles, ils avaient beaucoup ri ! Fanette, flattée par tant de compliments, bien qu’elle eut préféré être reconnue pour son vrai talent, a alors accepté de poser pour ses nouveaux et nombreux admirateurs, et même si au départ, elle riait jaune (pauvre vanne…), elle s’est ensuite détendue, se disant qu’après tout, il n’y avait pas de honte à se lancer dans un registre plus comique. Il suffirait juste d’abandonner le répertoire de France Gall, et d’opter à la place pour celui d’Annie Cordy, ce qui ne nécessiterait pas de frais de coloration de cheveux, puisqu’elles turbinent au blond toutes les deux, comme ma sœur !

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Après ce grand moment de gloire, nous avons retrouvé Ducon, qui était décoré pour une grande occasion : Jeanne prenait cinq ans aujourd’hui… Tateu avait d’ailleurs profité de notre visite de l’aquarium pour lui offrir une magnifique pieuvre rose, devenue en deux secondes sa nouvelle meilleure amie pour la vie !

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On a déjeuné dans le camping-car, tout le monde a mis la main à la pâte pour préparer le repas, à part Jack, qui lui fait testeur dans la vie !

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Pour digérer tout ça, on est allé se promener sur la plage de Carmel, un peu au Sud, en attendant de retrouver Kathy, William, et leur petite famille chez eux.

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On a été à nouveau reçus comme des rois, à la sauce mexicaine cette fois, avec tacos à volonté au programme. On avait aussi prévu un gâteau d’anniversaire pour Jeanne, au chocolat bien sûr, et malgré la fatigue d’une journée encore bien remplie, elle a su garder assez de coffre pour souffler toutes ses bougies d’un coup !

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La suite de ce délirant scénario allait nous emmener, Léo et moi, vers Los Angeles. En effet, incapable de trouver sur San Francisco le très recherché T-shirt rouge « Hollister », dernière pièce manquante à sa déjà très fournie collection de 526 tuniques, Léo décide de partir vers la Cité des Anges, qui lui donnerait plus de chances de trouver son bonheur. Jérôme, ne voulant pas le laisser partir seul dans cette ville si immense et dangereuse, propose de l’accompagner, au péril de sa vie…

Toujours aussi fauché, Pauly Wood les fait voyager par bus de nuit, soit huit heures de trajet depuis San Francisco, pour rejoindre le nouveau lieu de tournage, et leur dit de se démerder pour le logement. Heureusement que Maëlle, une copine de Paris, leur arrange la sauce en leur dégotant le logis chez sa frangine Lucile, qui vit non loin de L.A., à Montrose.

Nous arrivons donc à la boutique Hollister vers dix heures du matin, après une nuit sans sommeil sur les sièges pourris du bus, un petit-déjeuner copieux dans un Diner en centre-ville, et une rapide visite du quartier chinois et du Pueblo Historic Park, le lieu de naissance de Los Angeles.

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Tout est prêt sur place, les projecteurs chauffent déjà depuis un moment, et le cameraman n’attend plus que nous pour débuter la première prise. Mais là, un nouveau drame prend place, qui va démoraliser notre pauvre Léo : Personne ne s’est soucié de savoir s’il restait un fameux T-shirt rouge en stock dans ce magasin, et il s’avère que malheureusement, un touriste belge, du nom d’Albert Crombi, a acheté le dernier la veille au soir, juste avant la fermeture de la boutique…

C’est la panique sur le plateau, et en plus, Pauly Wood, resté à San Francisco car il avait un rendez-vous professionnel avec Madonno, est injoignable.

Finalement, le tournage est reporté à une date ultérieure, et on se dit avec Léo qu’ils sont vraiment cons de ne pas avoir pris un T-shirt d’une autre couleur, puisque le film est en noir et blanc…

Tant pis pour le film, et nous, on va en profiter pour déambuler à travers la ville…

J’emmène Léo remonter le « Walk of Fame », et j’y découvre d’ailleurs de nouvelles personnalités, et non des moindres, que je n’avais pas eu l’occasion de dénicher la semaine précédente. Parmi elles, ouvrez grandes vos oreilles, l’éternel Chuck Norris, le seul homme qui peut te montrer une photo de lui plus vieux, Lee Majors, alias « l’Homme qui valait trois milliards », héros de mes jeunes années, et Julio Iglesias, indémodable charmeur qui se tripote à moitié en chantant.

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J’ai même trouvé un monsieur Lalanne, mais histoire d’entretenir le mythe, je ne vous dirai pas s’il s’agit de Francis ou seulement de quelqu’un qui a emprunté son nom…

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On s’est ensuite dirigé vers Melrose Avenue, un peu plus au Sud. Enfin, un peu plus sur le plan, car en vrai, ça prend une bonne heure à pied ! Là-bas, il y a les studios de la Paramount, la première usine à rêve hollywoodienne, née dans les années 1920. On ne s’y rend pas pour tourner une nouvelle scène du film, ni pour attendre la sortie des artistes au coin de la rue, mais parce qu’à l’intérieur s’y tient la seconde édition de « Paris Photo » à Los Angeles, événement regroupant un grand nombre de galeries du monde entier, venues présenter leurs artistes le temps d’un week-end, et qui a lieu chaque année à Paris depuis bien plus longtemps. Et grâce à ma super pote Cécile, j’ai la chance de faire partie, depuis quelques années, des privilégiés qui reçoivent pour cette occasion un badge VIP qui donne l’accès gratuit à toutes les expos, et ça c’est cool. Même si le badge que j’avais demandé de recevoir à San Francisco, chez la copine Soizig, n’est jamais arrivé, on a quand même pu rentrer car il y avait des listes sur place avec les noms des invités. Alors, en ayant une grande pensée pour Cécile, on s’est retrouvé à déambuler dans les allées des mythiques studios, tout en nous arrêtant pour regarder les photos sur les murs, et en s’offrant tout de même une petit bière au salon VIP, la belle vie quoi !

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Parmi les milliers de photos qu’on a vues, une a particulièrement attiré mon regard, pas forcément pour la qualité technique de la prise de vue, mais juste pour le clin d’œil. Elle rassemble les quatre membres du groupe de musique U2, tous placés derrière leurs pères respectifs, eux-mêmes munis des outils de travail de leurs enfants, à savoir un micro, une guitare, une basse et une batterie.

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Je me suis demandé quelle a été la génération des deux la plus intimidée durant cette séance un peu particulière…

On a fini l’après-midi autour des Studios Universal, où l’on peut se balader un peu et bénéficier d’un avant-goût de ce qui s’y passe à l’intérieur, à condition de raquer 80 dollars, et d’avoir envie de faire la queue à chaque attraction pendant des plombes. Et encore, les studios qui se visitent ne sont, bien sûr, pas les vrais studios où ça tourne, donc moi, je ne vois pas l’intérêt d’y foutre mes pieds, ni mon fric. Et puis c’est le palais de la consommation ici… Sans blague, pour une attraction, t’as à peu près cinquante boutiques autour qui te vendent tout et n’importe quoi.

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Une fois sortis indemnes de ce traquenard, on s’est engouffré dans le métro pour aller rejoindre Lucile, qui s’était gentiment proposée de venir nous chercher à la station non loin de chez elle. On est passé chez elle déposer nos affaires, elle vit dans un groupe d’appartements qui fait penser à un Motel, c’est bien foutu, et puis on est parti à la recherche d’un restaurant à Montrose. On y est allé à pied, il faisait bon sur Ocean View Boulevard, c’est le nom de sa rue… joli, non ?

On a opté pour un restaurant asiatique, et on a fait plus ample connaissance autour d’une bonne soupe, vu que c’était la première fois qu’on se voyait.

Et puis tout à coup, fait rarissime à cette période de l’année, il s’est mit à pleuvoir ! Pour vous dire, ça étonne encore plus les gens ici qu’il pleuve, plutôt que de sentir des secousses de tremblements de terre, plus ou moins fortes, menaçant de plus en plus l’espérance de vie de cette ville. Bon, au début, on s’en serait bien passé, car on a dû se beurrer le retour jusqu’à la maison sous la flotte, en regardant, avec dépit, les arrosages automatiques se mettre en marche et en rajouter une seconde couche aux plantes, alors que la pluie s’était déjà chargée du travail. C’est sûr qu’à ce rythme-là, on va pas sauver la planète…

Après trois nuits sous la toile de tente à Monterey, et une autre dans un fauteuil de bus, je peux vous dire qu’avec Léo, on a bien apprécié le tout nouveau clic-clac de Lucile !

Le lendemain matin, on allait tous chercher Balthazar, le copain de Lucile, qui travaille à San Francisco et venait pour le week-end. Avant de s’y rendre, on a pris le petit-déjeuner à l’appartement, et avec Lucile, qui travaille dans la recherche dans le domaine aérospatial si j’ai bien compris, on a parlé fusées, planètes, et soucoupes volantes. Fort de notre récente visite au Space Center de Houston avec Jess et les enfants, je pensais n’avoir plus rien à apprendre dans ce domaine, mais je me trompais. C’était drôlement intéressant, surtout notre discussion sur Mars, et elle en parlait tellement bien de cette planète, que j’avais l’impression, à huit heures du matin, d’avoir les pieds sur son sol… Parce que d’habitude, c’est plutôt vers deux heures du matin qu’il m’arrive de me retrouver sur Mars, mais à l’heure du p’tit dej, c’est la première fois de ma vie ! Et puis moi au moins, à chaque fois, j’en suis revenu, alors que la raison pour laquelle personne n’est encore parti y foutre les pieds pour de vrai là-bas, c’est parce qu’on n’a toujours pas trouvé le moyen de rentrer, car on ne sait pas comment transporter le carburant nécessaire à la propulsion de la fusée, ou la navette, pour le retour vers la planète bleue. Intéressant, non ? Ça m’a du coup inspiré quelques vannes d’un haut niveau, du style « un Mars, et ça repart pas ! », ou « Qui va sur Mars, perd sa place », mais je me suis abstenu de les sortir à Lucile, parce que ça aurait foutu toute cette passionnante conversation en l’air… Mais bon, je les garde en tête et je les refilerai à Fanette pour son futur « One Woman Show », ce sera toujours ça de gagné…

Puis nous sommes partis en bagnole, pas en fusée, pour rejoindre l’aéroport, afin de récupérer Balthazar, et nous mettre en route vers Venice Beach, avec le secret espoir de piquer une tête dans l’eau…

La pluie de la veille avait joué un rôle très bénéfique, car elle avait dégagé cette ville de son épais brouillard gris qui la rend un peu triste, et je me suis retrouvé à la regarder d’un autre œil désormais.

Il y avait beaucoup de vent par contre sur la plage, et nos envies de baignade se sont vite envolées avec lui. À la place, on s’est payé une longue promenade jusqu’à l’autre plage plus au Nord, Santa Monica Beach, et on s’est arrêté au parc d’attractions, situé sur une jetée qui rejoint le Pacifique.

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Cet endroit marque aussi officiellement la fin de la Route 66, au bout du Santa Monica Boulevard. C’est rigolo d’en voir le bout de cette route, et j’espère qu’on aura l’occasion d’en voir également le départ lors de notre futur passage à Chicago.

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Sinon, le décor n’a pas changé depuis la semaine dernière, avec les vélos qui s’embourbent dans le sable, les rencontres inattendues avec un robot de l’espace ou une voiture peinturlurée jusqu’aux pneus, et les amateurs de tennis qui envahissent les cours grillagés du bord de mer… J’ai même revu le clown débile qui nous avait saoulé avec ses ballons !

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On a aussi eu droit à un grand moment de la chanson américaine en revenant vers Venice Beach. Un père de famille, soit très con, soit très sourd, voire les deux, était assis contre une rambarde, écoutant avec attention ses quatre enfants, dont les âges variaient en gros entre huit et seize ans, écorcher avec leur voix de casserole la chanson « We are the World », censée à la base sauver l’Afrique, et pas arrondir ses fins de mois sur le dos de ses gosses qui, visiblement, n’étaient pas très heureux de se donner en spectacle…

Après cette belle promenade au soleil, nous avions rendez-vous avec un monument de l’Histoire de cette ville, de l’Histoire de ce pays, de l’Histoire tout court… Direction Glendon Avenue donc, non loin de Venice, et arrêt le long du trottoir face au Westwood Memorial Park. Une fois entré dans ce cimetière, tu prends l’allée de gauche, tu marches environ cinquante mètres, et te voilà enfin auprès d’elle. Y’a rien à faire, même silencieuse, même au repos, planquée au milieu de ses innombrables voisins, elle t’impressionne, t’attire, te fascine… tu te retrouves même à lui parler tout doucement, juste pour savoir si tout va bien, si tout va mieux maintenant, si elle n’a besoin de rien… Elle est unique au monde, et ça se remarque d’ailleurs à l’aspect de la plaque derrière laquelle elle repose pour l’éternité, polie avec le temps par les millions de caresses de ses inconsolables admirateurs. Vous l’aurez deviné, c’est Marilyn…

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Norma Jeane Baker de son vrai nom, partie lessivée à trente-six ans, victime certainement d’un destin trop lourd à porter. Vous n’avez pas en tête ce sublime portrait que le photographe américain Richard Avedon a fait d’elle ? Je ne crois pas me tromper en disant que ce n’était pas très longtemps avant sa mort. Et bien en me posant cinq minutes devant sa tombe, c’est à cette photo que j’ai pensé, représentant une femme d’une beauté incroyable, mais qui semblait perdue dans ses tourments, déjà partie ailleurs…

Ah, au fait, il reste une place disponible à sa gauche, mais il est déjà trop tard pour la réserver. Hugh Hefner, le patron de Playboy, celui qui avait adopté une des lettres du panneau publicitaire « HOLLYWOOD » en 1978, a déboursé 75 000 dollars pour disposer de cette chambre de luxe quand viendra l’heure pour lui de tirer sa révérence. C’est sa femme, qui doit avoir une soixantaine d’années de moins que lui, à qui cette nouvelle a dû drôlement faire plaisir !

Pour finir cette journée en beauté, nous voulions, avec Léo, faire un tour au Grammy Museum, histoire de nous mettre un peu de musique dans le sang. Lucile et Balthazar nous ont déposés devant, c’était vraiment cool de les avoir rencontrés, les deux « aliens » des centres de recherche américains !

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Le musée est génial, il y en a pour tous les goûts musicaux, des documentaires rares et très intéressants, et des expos photos, super… Tu peux même t’amuser à te la péter avec les instruments mis à disposition, batterie et guitare, et te prendre pour Prince ou Lars Ulrich l’espace d’un court instant…

Voilà, il était 19 heures 30 quand on est sorti du musée, et il nous restait encore quelques heures à tuer avant de rejoindre la gare routière, où nous attendait le bus de nuit qui allait nous ramener à San Francisco durant la nuit.

On a trouvé un bar en ville, où des écrans télé diffusaient des matches de basket et de hockey sur glace, on a vidé quelques bières, en espérant qu’elles nous aideraient à mieux nous anesthésier quand on serait installé dans le bus, cherchant le sommeil.

C’en était donc fini de nos aventures à Los Angeles, d’où Léo allait rentrer bredouille, sans T-shirt rouge, mais des souvenirs plein la tête. On a remonté la septième rue, jusqu’à ce qu’on nous demande de faire un détour, car tout le quartier était bloqué pour cause de tournage. Et puis on a chopé un bus pour rejoindre la gare, et ce au dernier moment, car on nous avait dit que le quartier craignait pas mal la nuit.

Le retour a été à peu près du même niveau que l’aller, sans dodo, et en plus on n’était pas ensemble avec Léo.

Ducon nous attendait sagement en face de la gare routière à notre arrivée à San Francisco. Il était environ sept heures et quart, et toute la famille était présente, sauf Fanette, qui était déjà à l’aéroport, attendant le décollage de l’avion qui la transporterait à Chicago, avant qu’un autre ne se charge de sa livraison à Paris.

Leurs deux jours entre filles, plus les enfants, s’étaient très bien passés, avec Jess aux commandes. À bord de Ducon, elle les a transportés dans de multiples aventures, à Sausalito tout d’abord, où l’on peut se promener le long des Houseboats, petites maisons charmantes, fleuries et colorées, qui ont les pieds qui baignent dans la baie. Avant hippie, maintenant bobo, c’est un endroit à part on dirait, qui vaut le déplacement.

Ils sont aussi allés à Muir Woods, un parc immense, au Nord de la ville, peuplé de « Redwoods », une spécialité locale. Ce sont d’immenses arbres, de la famille des séquoias, très hauts, très larges, que même un bûcheron en pleine bourre aurait du mal à abattre sans l’aide de quelques potes. Après une petite promenade au milieu de ce paysage où on doit se sentir tout petit, ils sont revenus vers le Visitor Center, où Mamy, Tateu et Fanette ont pu assister à la séquence, oh combien émouvante, du « pledge » de Jules et Jeanne, dernière étape avant d’être proclamé officiellement Junior Ranger de ces lieux. Ça ne rigole pas dans ces moments-là… il faut lever la main droite, promettre de faire attention aux petits oiseaux et tout le reste, et le tout en anglais !

Qu’est-ce qu’ils ont fait d’autre déjà ? Ah oui, ils sont allés voir la rue la plus sinueuse du monde, que Ducon ne pourra jamais emprunter vu son envergure, et qui se nomme Lombard Street. Elle permettait en fait aux carrioles tirées par des chevaux d’arriver en bas indemnes, au bout d’une succession interminables de virages qui rendaient l’inclinaison de la pente plus douce, trajet qui se serait fini bien plus dramatiquement s’il n’y avait eu qu’une ligne droite.

Le lendemain, le temps étant beaucoup moins clément, leur journée s’était partagée entre une virée dans les boutiques du centre-ville, et une balade à « Fisherman’s Wharf », face à Alcatraz, où les otaries viennent se reposer sur les pontons, pour le plus grand plaisir des passants qui passent…

Voilà, on était maintenant tous ensemble et il n’était plus question de tourner d’autres scènes quand on est revenu. Pauly Wood n’ayant plus de budget pour ce projet, il était parti au vert se ressourcer un peu, et réfléchir à comment trouver une conclusion à ce film sans dépenser un rond…

Alors nous aussi on est parti au vert, à quelques heures de route à l’Est, dans l’un des parcs les plus appréciés du pays, Yosemite…

Après une longue route, et avant de s’installer au camping, on a eu droit à un premier aperçu des beautés du coin, ce lieu sauvage habité par des cascades et des rochers démesurés.

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La soirée a été douce, avec pour commencer l’apéro autour du feu, et le dîner au renommé restaurant étoilé, « Chez Ducon » !

S’en sont suivis deux jours de découverte du parc, avec plusieurs randonnées au programme, dont une assez velue qui nous a emmené, avec Jess, Léo et Jules, jusqu’à « Vernal Falls », une magnifique cascade. On est verni en plus, car c’est pile la bonne période pour venir voir les cascades, vu qu’on est en pleine fonte des neiges en ce moment, et ça dépote grave.

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Jules a trouvé le courage et la force de gravir les 600 marches supplémentaires, creusées dans la roche et glissantes à souhait, qui t’emmènent encore plus haut pour t’offrir une vue toujours plus impressionnante du lieu.

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Dans la famille des cascades, « Yosemite Falls » vaut, elle aussi, le détour, et on ne s’est pas fait prier pour aller lui rendre visite rapidement, avant de filer au sud du parc, vers Wawona Campground.

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Sur la route menant au camping, tu passes au « Tunnel View », d’où tu surplombes toute la vallée. Et bien je vais t’en boucher un coin, mais figure toi qu’une fois de plus, à en croire les infos écrites sur le plan du parc, tu es tout simplement devant l’endroit le plus photographié du monde ! Rien que ça…

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Remarque, on commence à avoir l’habitude, ça ne fait que le 126ème lieu le plus photographié au monde que l’on voit depuis le début de notre voyage ! Bon, et puis c’est vrai que c’est beau, et Jess et moi ne regrettons pas d’avoir emmené la famille jusqu’ici.

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La végétation aussi est sublime dans le coin, surtout au Sud, tout au long du trail menant à Mariposa Grove. On se retrouve comme dans les quartiers financiers des grandes villes américaines, la tête en l’air, à regarder le sommet des buildings, sauf que pour le coup, ce sont les cimes des arbres que l’on admire ici, et plus particulièrement les séquoias… Décidément, tout est très grand dans ce pays…

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Autant te dire que quand ça tombe un truc pareil, t’as pas intérêt à zoner dans le coin, parce que ça t’assomme pour de bon, et les pompiers mettent quinze jours à ramasser tes morceaux !

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C’est bizarre, il y a pas mal d’endroits où des arbres, totalement calcinés, en avoisinent d’autres, ne portant aucune trace du passage d’un éventuel incendie. Je n’ai pas d’explication pour l’instant sur cet étrange phénomène, mais je vais mettre Jess sur le coup très vite ! Peut-être en apprendrons-nous plus à ce sujet à Sequoia National Park, une de nos futures destinations.

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Il nous restait un dernier endroit à voir avant de plier les gaules, et rejoindre la civilisation le lendemain, c’était « Mirror Lake », un lac dans lequel se reflètent les montagnes du coin… bref, encore un des plus beaux endroits du monde !

Pour ma part, j’ai préféré suivre le courant fou de la rivière qui part de ce lac, et se fraie un chemin, tant bien que mal, entre les obstacles en pierre qui se sont échoués dans son lit. Tu la remontes tout le long de ton chemin, c’est trop beau… et quelle force, quelle puissance… à vous faire flancher les plus costauds séquoias de Mariposa Grove !

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Après la tempête des éléments déchaînés, le calme plat du lac prend le relai et crée un sacré contraste. Il ne se passe plus rien ici, et la moindre feuille qui tombe vient presque foutre le bordel dans ce grand silence de cathédrale. C’est joli c’est sûr, mais je préfère quand ça secoue dans tous les sens.

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J’aperçois Jess, les enfants, et Léo, qui ont remonté la rivière par l‘autre rive, mais que je ne pourrai pas retrouver au bout de la balade, car il n’y a aucun moyen de traverser le lac, ou alors bien plus haut, et comme certaines personnes qu’ils croisent ont cru entendre de drôles de cris sauvages d’animaux légèrement en colère de leur côté, Jess préfère faire demi-tour et ramener les marmots en un morceau, ce à quoi je ne lui donne pas tort…

Une fois tout le monde revenu vivant de cette expédition, il est temps de penser à rentrer vers San Francisco, car tout ça sent la fin des vacances, enfin pour certains… car pour nous, ça continue !

Le retour vers la grande ville se passe bien en ce dernier jour d’avril… on s’arrête pour un petit pique-nique au bord de la route, dans un bled sympa où les enfants jouent avec de petits collègues américains dans le square du quartier.

Le trajet est plus long que prévu, on doit s’arrêter au bord de l’autoroute car Ducon nous fait une poussée de fièvre, mais grâce à Léo, on détecte vite le problème. En effet, on a voulu mettre la clim tellement on crevait de chaud, et le moteur, au bout d’un moment, il aime pas ça, et se met à rougir grave !

Nous recevons un coup de fil de Pauly Wood sur la route qui nous explique sa parade pour la fin du film. Il veut avant tout une conclusion heureuse pour tous, à l’américaine.

Pour justifier le départ précipité de Fanette, il lui invente une rencontre inattendue avec un agent qui lui promet monts et merveilles en Europe avec ses talents de chanteuse comique, et qui l’entraîne avec lui dans le premier avion, l’invitant à danser durant tout le vol des slows langoureux à 10 000 mètres au-dessus du sol, tout en s’abreuvant de champagne jusqu’à plus soif…

Pour Mamy, l’heure est venue de rentrer pour à nouveau prendre soin de Goune, après avoir amplement profité de ses petits-enfants, et leur avoir donné rendez-vous dans trois mois, date prévue de leur retour sur le sol français…

Tateu, quant à elle, a décidé d’oublier Maxime Le Forestier pour de bon, de rentrer à la maison, brûler tous les posters du chanteur qui tapissent les murs de sa chambre, et se consacrer pleinement à Vincent, l’Émile pour les intimes, qui certes ne lui a pas offert la maison bleue de ses rêves, mais lui a tout de même fabriqué un magnifique petit poulailler marron…

Enfin Léo, privé de T-shirt rouge « Hollister », se consolera en achetant une casquette noire du club de baseball local, les Giants de San Francisco, qu’en plus il porte à l’envers, donc si c’était la casquette des Red Castors d’Olivet, ça reviendrait au même… Il assistera même à un derby palpitant entre ce club et le voisin de San Diego, l’équipe des Padres, la veille de son retour en France. Les Giants l’emporteront finalement 3 à 2, dans une ambiance un peu spéciale, où les spectateurs viennent plus pour bouffer des popcorns et boire de la bière que pour assister à un événement sportif, mais bon, ça fait partie du folklore…

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Et voilà qu’à l’heure où j’écris ces lignes, ils sont dans l’avion qui les ramène au pays des bons fromages et du bon vin… On vient tout juste de les déposer à l’aéroport, et on est revenu au camping où l’on a dormi cette nuit, histoire de profiter des douches chaudes mises à disposition, avant de passer à autre chose.

J’espère sincèrement qu’ils ont passé de bons moments avec nous ici, à goûter à la drôle de vie dans laquelle on s’est embarqué depuis huit mois environ. En tout cas, je les remercie du fond du cœur d’être venus, ils ne savent pas à quel point c’est cool de les avoir avec nous.

Je suis maintenant avec Jules devant l’ancien stade de l’équipe de football américain des San Francisco 49ers, qui est en train de pourrir en face du camping. Il a Éducation Physique et Sportive ce matin, alors il fait des longueurs sur le bitume, tout en frimant avec son nouveau T-shirt de Junior Ranger que Mamy lui a offert à Yosemite. Il faudra qu’on dise à Léo que quand on porte ce genre de T-shirt, c’est comme quand on enfile celui du Duconthon, on a vachement plus la classe qu’en « Hollister » !

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Ah oui, j’avais oublié de vous dire que pour nous aussi, la fin du film avait été plus que clémente, puisque, reconnaissant sa faute, et dans un énorme élan de générosité, notre opérateur téléphonique, dont je m’obstine à taire le nom, décidait de nous offrir trois textos gratuits, utilisables dans les quinze jours à venir… la bonne affaire ! Comme quoi SFR, c’est pas pire que le reste…

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