San Francisco International Airport, California

Samedi 19 avril 2014, 06:30 pm

San Francisco International Airport, California

Bon, ben c’est presque l’heure maintenant…

Difficile de croire que d’ici une demi-heure, nous serons quatre de plus dans notre deux pièces sur roues, embarqués pour dix jours de folie dans San Francisco et ses alentours. Mais c’est pourtant vrai, un contingent bien fourni de Gorin est sur le point d’atterrir en terre californienne, après une escale à Chicago, Illinois, et ça risque de déménager grave pendant leur séjour dans le secteur !

De qui je parle ? Et bien de ma mère, mes deux frangines, et Léo, un de mes neveux…

Cool, non ? On avait laissé tout ce joli petit monde à Olivet, en région Centre, il y a un peu plus de sept mois, sauf que ma plus grande sœur, Tateu, qu’on surnomme aussi Emmanuelle – à moins que ce ne soit plutôt l’inverse… – était venue nous voir à Boston en octobre dernier, et voilà que ce sont eux qui débarquent bientôt pour nous rendre visite ici, à l’autre bout des Etats-Unis. Ça va faire drôle de les retrouver tout de même, et de partager avec eux cette fabuleuse expérience de baroudeurs amateurs à plein temps durant ces quelques jours.

J’espère au moins que ça va leur plaire, parce que c’est du sport quand même ! Remarque, on leur rend déjà service en leur demandant de venir jusqu’à San Francisco, ils gagnent neuf heures de vie supplémentaires grâce au décalage horaire, au moins ils ne se seront pas déplacés pour rien ! Mais je crois que ça s’annule une fois que tu rentres dans ton pays, alors finalement, ça ne sert pas à grande chose… Dès que j’ai cinq minutes, je vais essayer de me pencher sur ce phénomène, car on peut peut-être gratter quelques années en ne se déplaçant que dans un sens, voire même revenir un peu en arrière pour réparer d’anciennes conneries qu’on a faites si on court très vite ! À voir…

Enfin, pour l’instant, on est stationné sur le parking gratuit de l’aéroport, il fait un vent à faire valser les avions dans le ciel – mais non, je déconne… – et moi, dans vingt minutes, je vais voir maman !

C’est marrant, je ne me rends pas compte dans quel état cela va me mettre de les retrouver… parce que d’un côté, j’ai l’impression qu’on sillonne l’Amérique depuis toujours, et d’un autre, j’ai le sentiment de les avoir quittés hier. Remarque, je n’ai qu’à un peu me mettre à le place de ma femme de temps en temps, qui elle ne voit ses parents que deux à trois semaines par an depuis un bon moment, alors je ne vais pas me plaindre !

Enfin, si ça peut vous rassurer, nous n’allons pas fondre en larmes en nous serrant tous, façon « hug » américain – genre j’t’aime bien, mais me file pas tes microbes en m’embrassant ! – avec la bannière étoilée flottant au-dessus de nos têtes, et un aigle à tête blanche qui s’est posé là par hasard, bombant fièrement le torse, le regard confiant fixé vers un avenir prospère…

C’est trop compliqué à organiser, et puis ils sont bien meilleurs comédiens que nous pour ce genre de mise en scène les ricains… sans compter que si l’aigle a bouffé un truc qui est mal passé la veille, il peut gâcher la fête en nous lâchant une fiente immonde sur l’épaule, ou pire dans les cheveux !

Non, on va faire plus simple, surtout que le flic qui surveille le coin ne nous laissera que deux minutes pour charger les bagages et nous barrer, parce qu’après, je crois qu’il dégaine !

On va ensuite les emmener au Marriott qui se situe en plein centre-ville, à l’angle de la 2nd Street et de Folsom, pour une bonne nuit de repos bien méritée pour tout le monde. Jess avait eu en effet la bonne idée de bénéficier des avantages dont elle bénéficie, faisant partie de la Grande Maison, pour dégoter des tarifs hors compétition il y a quelques semaines.

C’était bien vu, histoire de ne pas leur imposer une nuit chez Ducon d’entrée de je ! Et puis il n’y a pas qu’eux qui vont être cuits, après plus de quinze heures de vol depuis leur départ de Paris, car nous, on a encore bien carburé ces derniers jours !

C’est que c‘est grand la Californie, et il y en a des choses à voir…

D’ailleurs, avant de s’attaquer au triptyque San Diego – Los Angeles – San Francisco, on avait décidé de s’offrir une énième virée au vert, à Joshua Tree.

Putain il a fait chaud dans ce parc, ce sublime endroit à la végétation unique, bizarre mélange pas très catholique entre arbres, yuccas et cactus. De plus, il est traversé en son centre par la frontière entre les déserts du Colorado, à l’Est, et de Mojave, à l’Ouest. Le premier se situe dans une région où l’altitude est inférieure à 1 000 mètres, et le second, au-dessus. Ceci a évidemment une incidence sur le paysage, et ce qui y pousse.

On a commencé, après un rapide passage au Visitor Center, par le côté Est du parc, dans la partie du désert du Colorado. On a été bien inspirés car cela nous a permis de choper, pour la nuit à venir, la dernière place d’un camping situé au milieu d’immenses rochers, et portant le joli nom de « Belle Campground ».

Ce genre de camping ne se réserve effectivement que sur place, donc c’est la loi du « premier arrivé, premier servi », et là, on a eu du bol. Sinon, on aurait été obligés de descendre tout au sud du parc pour s’installer dans un autre camping, mais c’est on dirait une partie où il n’y a rien de bien passionnant à voir…

Nous, on s’est contenté d’une balade dans le « Cholla Cactus Garden », composé, comme son nom le laisse présumer, de cactus ayant la particularité de laisser s’envoler, par grand vent, de petits bouts d’eux-mêmes, sous la forme de ravissantes boules piquantes, qui rappellent à l’ordre les plus distraits visiteurs qui viendraient malencontreusement à marcher dessus.

Une fois que tu sais ça, t’appliquant donc à éviter ces cadeaux empoisonnés comme tu slalomerais entre les mortelles pochettes surprises parsemées ça et là sur un champ de mines, la visite de ce jardin reste très agréable pour les yeux, et là encore, on se croirait sur une autre planète…

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Mais bon, il faut bien l’admettre, quand tu fous les pieds à Joshua Tree National Park, c’est bien sûr pour voir les fameux arbres portant ce nom, et ceux-là, tu les trouves de l’autre côté, dans le désert de Mojave. Donc, nous, quand on nous dit que c’est par là, ben on y va…

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Tu sais pourquoi elle porte ce nom cette marque d’arbre ? Non ? Alors écoute : Quand les premiers Mormons ont débarqué dans le coin, rejetés de partout à cause de leur croyance, ils se sont sentis comme accueillis à bras ouverts en découvrant ces arbres aux longues branches dressées vers le ciel, tel Joshua, qui tenait un des rôles principaux dans « La Bible », un téléfilm que j’ai dû louper.

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C’est sûr que quand il n’a plus d’amis, plus d’espoir, et pas de chien qui s’agrippe à sa jambe, le meilleur ami de l’homme peut très vite devenir un arbre. Au moins, ça ne parle pas, c’est toujours d’accord avec toi, et puis c’est pas lui qui va te foutre dehors !

Du coup, c’est ainsi qu’ils ont baptisé ce drôle de croisement entre le yucca et l’arbre, comme quoi on peut avoir de vieux principes, mais tolérer les dérapages…

Mais moi, je m’en tape de tout ça… ce que je voulais tout d’abord, en venant ici, c’était retrouver l’endroit où les gars du groupe irlandais U2 avaient posé devant le brillant œil d’Anton Corbijn pour la pochette de l’album portant le même nom que cet arbre. Quel chef d’œuvre ce disque entre parenthèses… une des pièces maîtresses du répertoire de ce groupe, avec « Achtung Baby » et « How to Dismantle an Atomic Bomb » à mon avis… Ça vous emmerde peut-être que je vous parle de mes goûts musicaux ? Ok, alors je continue mon histoire une fois que j’ai sauté la prochaine ligne, mais bon, si vous avez l’occasion, écoutez vite fait « Running to Stand Still », ou « Mothers of the Disappeared », ça en vaut la peine… Et puis c’est un groupe qui vient du pays d’origine de ma belle-mère, alors honneur à la famille tout de même !

Je me suis donc dit qu’en bon irlandais, Bono, le chanteur de U2 pour ceux qui vivent sur Pluton, a bien dû chercher une planque pour pisser les litres de bière qu’il s’était enfilés avant les photos, et l’arbre derrière lequel il avait fait ça devait probablement encore s’en souvenir… Alors je les ai interrogés l’un après l’autre, mais aucun d’eux ne s’est révélé être celui en question…

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Y’en a quand même un qui m’a dit avoir assisté à la scène, il y a 27 ans déjà, et avoir vu l’arbre se barrer quelques jours plus tard, voulant profiter de sa nouvelle notoriété pour tenter sa chance et faire carrière à Hollywood, avant que la tâche encore visible ne disparaisse complètement…

Merde alors, c’est loupé pour ça… mais on va quand même profiter du fait qu’on est ici pour voir tous les trésors que ce parc renferme. Et il y en a des choses !

On a commencé par un petit trail qui nous a mené au « Split Rock », un immense caillou fendu sur une dizaine de mètres, impressionnant…

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Et puis j’ai emmené Jules se défouler un peu dans les rochers, il est de plus en plus fan de grimpette, et on s’est bien éclaté dans ce décor aux formes très farfelues, pendant que Jess et Jeanne étaient parties admirer les fleurs roses et violettes qui poussent sur les cactus, tout en gardant un œil sur Jack qui ne pense, lui, qu’à les écraser !

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Une autre randonnée nous a ensuite permis de nous retrouver nez à nez avec un énorme crâne en pierre, le « Skull Rock ».

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C’est marrant toutes les différentes formes que peuvent prendre ces rochers, mais il y a une explication, que vous ne trouverez pas au chapitre consacré à Joshua dans la Bible, mais dans mon non moins éducatif récit ! Pour faire court, il y a des millions d’années, l’activité volcanique sous-terrestre a fait surgir à la surface un tsunami de magma, qui s’est tapé l’incruste dans la roche avoisinante, créant en refroidissant de véritables galeries de craquelures horizontales et verticales dans la pierre. Les nappes phréatiques se sont chargées des finitions, lissant et arrondissant les angles de ces cailloux démesurés, leur donnant l’apparence de jeux de construction géants.

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Je tiens à préciser que si j’arrive à vous fournir autant de précieuses informations sur le pourquoi du comment de la formation des différents paysages des parcs nationaux que nous visitons depuis des semaines, dont je sais vous raffolez, tout le mérite en revient à Jess, qui ne met pas les pieds, ni le reste, dans un lieu nouveau, sans s’intéresser à son histoire. Ainsi, et pour notre plus grand plaisir, le mien et celui de nos petits Junior Rangers de service, elle nous dresse, à chaque nouvelle aventure, un CV complet du lieu où nous débarquons, ce qui fait qu’en plus de voir de belles choses, on se couche chaque soir encore moins idiots que la veille…

Pour le coucher du soleil, l’idée était de rejoindre Keys View, culminant à plus de 1 700 mètres. Les arrêts ont été nombreux sur la route pour admirer les belles ombres chinoises que l’astre déclinant  provoquait sur les arbres, magnifique…

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Le soleil avait déjà disparu quand on est arrivé à Keys View, mais la vue était belle malgré tout, reposante, infinie…

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Une boite de ravioli rapidement engloutie plus tard, nous avons roulé jusqu’à un camping situé au Nord du parc pour que Jules et Jeanne, accompagnés par Jess, assistent à une conférence donnée par un Ranger autour d’un feu qu’il avait oublié d’allumer, et à laquelle ils devaient participer pour espérer engranger une nouvelle médaille de Junior Ranger…

C’est un monde quand même ! Quand je pense que Jules refuse que je lui donne des cours de maths ou d’espagnol à une heure du matin, alors que c’est à cette heure-là qu’on est le plus peinard pour bosser, et qu’il est tout en joie d’aller boire les paroles d’un inconnu au chapeau ridicule lui raconter des histoires d’écureuils et de branches d’arbres, ça me fout en rogne !

En plus, vu qu’on est arrivé au camping vers 22 heures 30 après tout ça, une bande de rockeurs au bide rempli de bière avait décidé de s’installer sur notre emplacement, et vu leur état d’ébriété bien avancé, il était inutile de leur demander d’aller chercher un autre endroit pour squatter.

Si au moins on était tombé sur les mecs de U2, bien que la probabilité qu’ils fassent encore du camping lors de leur temps libre semble infime, j’aurais pu avoir la réponse à la question qui me turlupinait depuis le début de la journée, concernant la fameuse photo de leur album « Joshua Tree ». Mais tu parles, ils étaient de la banlieue de San Diego les mecs, et avec leur barbe et le nom des bleds où ils habitent tatoués juste au-dessus de leur cul, ils ressemblaient plus à des copies ratées des membres de Red Hot Chili Peppers qu’à autre chose ! Je dis ça mais je ne sais même plus quelle têtes ils ont maintenant ceux-là…

Toujours est-il qu’ils ont été cools, ils m’ont payé une bière et un Hot-Dog, me racontant qu’ils passaient le week-end ici avant de marier le chanteur du groupe le samedi suivant, ce à quoi je n’ai pas forcément cru, mais c’était le dernier de mes soucis…

Le lendemain matin, je me suis levé hyper tôt, genre six heures du mat, même un peu avant je crois, pour voir le jour se lever. J’ai fait quelques photos, traîné dehors un bon moment, jusqu’à ce que nos voisins se réveillent, car on avait convenu que je les photographierais avant leur départ.

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Ils étaient aussi en forme que la veille au soir, c’est ça le monde du Rock N’Roll mes amis ! Je me suis renseigné sur leurs dates de concerts à venir, comme on allait filer vers San Diego par la suite, mais ça ne coïncidait pas avec leur programme… Tant pis, mais ravis d’avoir fait votre connaissance les gars, et surtout restez les mêmes !

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La journée a été très agréable, on s’est promené un peu partout, profitant du soleil qui ne s’était pas gêné pour venir nous rendre visite.

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On s’est offert quelques séances d’escalade pour atteindre « Arch Rock », ce qui nous a permis de croiser quelques mignons cactus en fleurs, et un effrayant chuckwalla, qui je pense était au final plus tourmenté que nous…

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Les enfants étaient trop fiers d’être arrivés tout là-haut, arborant un grand sourire une fois leur exploit réalisé, et je peux vous certifier qu’aujourd’hui encore, les jambes de Jack portent les traces de cette aventure !

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Je lui avais pourtant expliqué qu’on ne s’aide pas de ses genoux pour grimper sur la paroi, même si c’est du niveau de cotation 8c, mais des fois, j’ai vraiment l’impression de pisser dans un violon quand je m’adresse à ces gosses… Je vis à peu près la même situation que le moniteur de ski de Jean-Claude Dusse dans « Les Bronzés font du Ski », avec son célèbre planter de bâton qu’il n’arrive pas à faire assimiler à son élève…

Enfin bon, on est tous redescendu en vie de cette escapade à haut risque, c’est l’essentiel, et on a pu ainsi profiter à nouveau des splendeurs de la lumière de fin de journée dans ce sublime décor.

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Les enfants ont fini de s’achever en galopant entre les arbres jusqu’à ce que le soleil ne disparaisse, pendant que Jess profitait des derniers rayons de soleil, en sirotant une bière bien méritée, assise sur un de nos super fauteuil en toile spécial camping, que l’on ne sort que pour les grandes occasions !

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Et puis je suis parti m’aventurer un peu au large pour quelques photos au milieu de nulle part, jusqu’à ce qu’un moment de lucidité ne me traverse, et me fasse soudainement flipper, quand j’ai cru entendre au loin des hurlements d’animaux qui ressemblaient de près (enfin tout en restant le plus loin possible s’il vous plait !) à ceux d’un coyote.

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Avant d’en croiser toute une tribu, je suis vite reparti retrouver la mienne à bord de Ducon, où tout le monde m’attendait pour le départ, direction San Diego.

On a roulé de nuit, après avoir débarrassé Ducon de toutes ses eaux usagées à l’auberge où le Ranger avait donné la leçon à nos enfants la veille, et comme ça, on était prêts dès le lendemain matin à attaquer la visite de cette ville. C’est que là, avec l’arrivée de la mère Gorin d’ici quelques jours à San Francisco, les heures étaient comptées, et il ne fallait pas la louper tout de même !

Comme Bruce Springsteen en avait fait une magnifique chanson, je tenais beaucoup à aller à Balboa Park, le plus grand parc urbain des États-Unis, à en croire les dires dans le coin. Mais bon ça, après quelques semaines d’expérience, tu n’y prêtes plus vraiment attention, car ici, tout ce que tu visites, ou vois, c’est le plus grand, ou le plus beau, ou le plus fort, voire même les trois à la fois !

Cependant, c’est vrai qu’il est sympa cet endroit, et nous en avons découvert un aspect bien plus joyeux et coloré que celui, très sombre, décrit par le Boss dans ses textes.

Même Ducon était aux petits soins, installé au soleil sur le parking gratuit mis à disposition au Sud du parc. Il a pu en plus regarder les avions décoller toute la journée, car on est tout près de l’aéroport à cet endroit.

Une navette, gratuite elle aussi, te transporte où tu veux dans l’immense parc, et te voilà subitement en pleine nature pour un bon bol d’air au milieu des arbres et des fleurs.

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L’influence hispanique se retrouve dans les personnages clés de l’Histoire de cette ville immortalisés dans la pierre, ou dans l’architecture des somptueux palais, devenus aujourd’hui des musées.

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Le jardin botanique est magnifique lui aussi et se trouve, je ne l’invente pas, dans le plus vaste bâtiment uniquement réalisé en bois de tous le pays ! Ils sont trop forts ces amerlocs, et puis ils nous prennent pas pour des cons en plus…

Super, et alors qu’est-ce qu’on y trouve dans ce fabuleux jardin ? Et ben devine mon pote, les fougères les plus grandes du monde, ainsi que les plantes carnivores les plus dangereuses, mais aussi les plus belles fleurs blanches de l’Univers, sans oublier les fleurs jaunes les plus… jaunes de tous les temps ! C’est balèze non ? C’est l’Amérique, tu peux pas comprendre… Même les futurs mariés viennent s’y faire photographier au milieu des touristes de passage, c’est pour te dire !

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Après tant d’émerveillement devant cette flopée de records, on est allé se rafraichir les idées dans un petit bassin juste à côté, et on est resté jusqu’à ce que la couche de Jack n’atteigne ses genoux, parce qu’après, je pense qu’ils t’envoient la police !

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On a terminé notre visite par le petit quartier de « Spanish Village Art Center», qui n’a de rigolo que les carreaux multicolores sur lesquels tu marches pour le traverser, car pour le reste, ce ne sont que des boutiques hors de prix, ou des galeries d’artistes qui ont laissé leur talent et leur originalité aux vestiaires.

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Après tout cela, on ne pouvait évidemment pas rentrer nous coucher sans voir la mer auparavant, alors on a fait un saut à Coronado Beach, notre premier rendez-vous du voyage avec l’océan Pacifique…

La plage était immense, quasiment déserte, et même si la fraîcheur commençait à gagner du terrain, on a pris notre temps pour profiter de ce beau moment au bord de l’eau.

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Chacun s’est adonné à ses activités favorites : Jack est parti avec Jess à la chasse aux oiseaux, espérant secrètement en attraper un pour le bouffer tout cru, Jeanne a fait un château et préparé une tarte au sable pour son papa qu’elle aime tant, et Jules a même eu le courage d’enfiler brassards et maillot de bain pour aller barboter dans l’eau, même s’il a vite fait demi-tour !

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Ah… quels instants magiques nous vivons au cours de ce voyage, et je peux vous dire que ce soir-là, entre le coucher de soleil au bord du Pacifique auquel nous avons eu droit, suivi d’une éclipse de Lune sur le parking du Wal Mart où nous avons passé la nuit, à laquelle seulement moi ai assisté vu que tout le reste de la famille ronflait dans la cabane, nous sommes au summum du romantisme à l’américaine !

Pour le jour suivant, un programme un peu moins drôle, en tout cas pour Jules, était prévu. En effet, son attitude en classe étant devenue pratiquement ingérable, et très dérangeante pour les autres élèves – heureusement, jusque là, il est le seul à participer à nos cours – nous avons décidé de l’inscrire à quelques séances de rattrapage avec une maîtresse réputée pour remettre les cas les plus désespérés sur le droit chemin en deux temps, trois mouvements.

Rendez-vous était donc pris avec Miss Deborah Cned, qui exerce dans le quartier de « Old Town », le plus ancien de San Diego, où l’on peut trouver les plus vieilles bâtisses de la ville. D’ailleurs, je pense qu’elle aussi n’est pas née de la dernière pluie, parce qu’au niveau du look, on peut dire qu’on est de retour à l’époque de « La petite Maison dans la Prairie », mais c’est exactement ce qu’il fallait pour notre bonhomme, la méthode à l’ancienne !

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Ben là, il a été servi, et je peux vous dire que mon petit gars n’en menait pas large quand la leçon du jour a commencé, mais au moins, ce petit stage a été très bénéfique pour lui. Quant à moi, j’envisage désormais d’acheter le même chapeau que Miss Cned car je trouve qu’avoir une tenue réglementaire quand on fait l’école à son enfant, c’est primordial…

Pendant que Jules passait sa journée au palais des tortures, nous, on a profité du soleil, en flânant dans le coin sans trop nous éloigner, car bientôt allait arriver l’heure des mamans, et il aurait été trop déçu que Jess ne l’attende pas, les bras grands ouverts – comme les Joshua Trees – devant le portail de l’école.

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Comme il avait bien travaillé, on est allé se promener dans les jardins du Presidio, où Jeanne a pu faire une collecte de fleurs plus belles les unes que les autres, et puis on a filé à la Jolla, une plage dans les quartiers friqués, où les phoques viennent prendre la pose sur les rochers pour notre plus grand plaisir.

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On avait prévu de se mettre en route juste à la tombée de la nuit pour rejoindre Los Angeles, car il paraît que les embouteillages interminables sont monnaie courante durant la journée, alors si on pouvait s’épargner ça d’entrée de jeu, ce n’était pas plus mal.

On a d’abord fait une lessive en banlieue de San Diego, puis dîné et mis les enfants en pyjamas, du coup il était vingt-trois heures quand on était prêt à partir, et ce départ a bien failli être reporté au lendemain, vu l’heure tardive.

Finalement, on a trouvé le courage de faire ce trajet, de deux heures environ, le soir même, et ce n’était pas plus mal ainsi.

À quoi allait-elle ressembler cette ville ? On en a tant entendu parler, et jusque-là, à part les fans de Hollywood et son univers surfait, les échos ne nous semblaient pas bien enthousiastes… Effectivement, beaucoup de gens que l’on a rencontrés sur la route y avaient soit grandi, soit passé quelques temps pour y travailler, ou simplement étaient venus ici par curiosité, et l’opinion générale faisait plutôt peur. Tous semblaient être sortis lessivés de cette expérience, vidés, et on avait l’impression qu’ils prenaient tout d’un coup dix ans d’âge rien qu’à nous entendre prononcer le nom de cette ville. Certains nous la décrivaient même comme un énorme trou noir planté au cœur de cette si belle Californie, ça fout les boules quand même…

Il faut bien avouer que Los Angeles est unique en son genre, étirée sur plus de cent kilomètres, regorgeant de multitudes de quartiers desservis par les innombrables sorties d’autoroute sur laquelle ses habitants passent la plupart de leur existence, réalisant leur trajet quotidien de la maison au travail, puis du travail à la maison, sauf quand ils ont droit à leurs dix jours de vacances annuels (et vous vous plaignez de vivre en France ?).

Et puis ça, c’est plutôt quand ça se passe bien dans ta vie, car les premiers êtres vivants que l’on a croisés sur Sunset Boulevard, lors de notre première virée nocturne dans la cité, n’avaient pas bénéficié d’un tel traitement de faveur. Il est bientôt deux heures du matin, et une nana réalise une drôle de danse près d’un arrêt de bus, s’adressant à je ne sais qui – le savait-elle elle-même au moins ? – dans son délire. Elle se contorsionne à l’extrême et ressemble à un pantin désarticulé, et semble perchée très haut. J’ai l’impression qu’elle a trop forcé niveau substances…

Juste avant, on en avait aperçu une autre, tout l’inverse… Assise sur le banc d’un autre arrêt de bus, silencieuse, recroquevillée sur elle-même, le regard vide et perdu, elle semblait ne plus savoir si elle était en plein trip ou pas, en voyant soudainement Ducon débarquer devant elle !

C’est sûr, elle aussi avait trop forcé sur les doses, mais elle ne devait certainement pas carburer à la même came, car l’effet était bien différent…

Eh ben mon vieux, en voilà une putain d’entrée en matière ! Et notre nuit n’était pas encore terminée…

Y’a toujours un truc que tu rêves de voir quand tu déboules dans une ville à la renommée internationale. À Paris, les gens filent visiter la Tour Eiffel, New York a sa Statue de la Liberté, et Olivet, le complexe sportif du Donjon.

Et moi, quand je pensais à Los Angeles, j’avais en tête le panneau « Hollywood », écrit en lettres blanches dans les collines du quartier portant le même nom. Jess ayant aussi très envie de le voir, et comme on se croit plus fort que tout le monde, on s’est mis en tête qu’on allait le trouver en pleine nuit.

Tu veux que je te raconte un peu l’histoire de ce célèbre et incontournable « monument » de L.A. que je n’ai même pas photographié au bout du compte tellement tout le monde s’en charge à ma place ? Si, si, je vais t’en toucher deux mots, c’est très intéressant tu vas voir…

Alors au départ, c’est l’idée géniale d’un promoteur désirant vendre des maisons sur les collines de Hollywood et qui, en 1923, installe ce panneau publicitaire géant, avec le mot « HOLLYWOODLAND » écrit en majuscule, dont les lettres mesurent quatorze mètres de haut, et qui est destiné à rester en place seulement quelques mois. Il est aussi équipé d’éclairage qui l’illumine la nuit, au cas où l’envie te prenne d’acheter une maison à trois heures du matin !

Différentes histoires rocambolesques lui tailleront au fil des années une réputation mondiale.

Tout d’abord, en 1932, la starlette Peg Entwistle a eu la bonne idée de se jeter dans le vide depuis le haut de la lettre H, ou D, un soir où elle ne devait plus croire à grand-chose. Désolé pour l’incertitude concernant la lettre, au cas où vous vouliez aller y déposer une gerbe (de fleurs !), mais les versions divergent selon les sources, enfin le résultat est le même au final, elle ne s’en est jamais relevée…

Une nuit de 1949, pompette au volant de sa bagnole, un des gardiens du site a fait une sortie de route et dégommé le H géant de la fameuse publicité.

Un suicide, une lettre dans le décor, ça commençait à faire beaucoup pour un seul panneau que la ville avait aussi laissé sans lumière la nuit, histoire de faire quelques petites économies. Mais après une analyse approfondie du malaise, ils ont trouvé la cause de tous ces déboires les chercheurs américains… C’était pourtant évident : HOLLYWOODLAND, si tu sais compter, comporte treize lettres, et pour ce peuple tellement superstitieux, c’est une source de malheur assurée ! Ils ont donc décidé de se séparer de cette treizième maudite lettre, ainsi que des trois autres qui la précédaient, pour s’en tenir finalement à l’actuel « HOLLYWOOD ».

Pendant longtemps, ce panneau a été laissé à l’abandon, et ce n’est qu’en 1978 qu’il fut sauvé par un troupeau de célébrités, le rocker Alice Cooper en tête. Ils ont demandé à diverses vedettes de débourser chacune 27 777 dollars pour adopter une lettre, et ça a marché. Parmi les gentils donateurs, on a appris que David Bowie s’était offert la lettre H, et Hugh Hefner, patron de « Playboy », s’était chargé du Y.

Maintenant, le site est classé, et géré par la Chambre de Commerce de Hollywood, tout est bien qui finit bien…

Belle carrière pour ce qui était, à la base, une simple publicité, n’est-ce pas ?

Maintenant que vous savez tout, ou presque, sur l’endroit le plus célèbre de los Angeles, je reprends nos petites aventures…

On a donc voulu chercher un beau spot, histoire de l’admirer comme il le mérite, et un guide de tourisme qu’on avait emporté nous indiquait quelle route suivre pour s’offrir une vue imprenable du panneau.

Le seul détail qu’il a omis de nous dire ce guide à la con, c’est que ce n’est pas vraiment un itinéraire adapté pour les longues saucisses comme Ducon, et je ne pense pas me tromper en vous annonçant qu’il est certainement le premier camping-car de dix mètres de long dans toute l’Histoire de cette ville, à s’être aventuré dans les sinueuses ruelles bordant Griffith Park, tout ça pour trouver un paquet de lettres qui, de toute façon, ne sont plus éclairées la nuit depuis plus de cinquante ans !

À mesure qu’on avançait, la route devenait de plus en plus étroite, à tel point qu’à un moment, ça ne passait plus, et il a fallu se beurrer tout le chemin en marche arrière pour dégager du coin, le tout à plus de deux heures du matin, sacré baptême ! On le sait pourtant qu’on n’est pas fait pour traîner dans les quartiers riches… On avait l’air fin tous les deux dans cette situation, Jess dans la rue qui essayait de me guider tant bien que mal, et moi qui tentait de manœuvrer au mieux en suivant ses indications… Encore heureux que les enfants roupillaient, ils nous auraient chambré grave sinon !

J’avais les boules de voir tout à coup Jack Nicholson débouler sur sa terrasse, dans son peignoir en satin, cigare au bec, menaçant de nous exploser la cervelle avec sa carabine si nous ne bougions pas sur le champ !

Après toutes ces émotions, nous sommes allés trouver un parking dans la banlieue Nord, à Woodland Hills, car Jess m’avait trouvé là-bas un spécialiste pour faire nettoyer le lendemain matin les capteurs de mes appareils photos qui avaient récolté, à eux deux, de quoi faire grandir la dune du Pilat d’au moins deux mètres cinquante tellement ils avaient bouffé du sable dans tous les parcs nationaux visités dernièrement.

Une fois que la grande lessive fut achevée, il n’y avait plus qu’à aller rendre visite à cette immense cité, mais une question subsistait… Par quoi on commence ?

C’est tellement grand Los Angeles, que c’est compliqué de se décider. Finalement, après une rapide traversée du centre-ville, un peu stressante quand tu es au volant de Ducon, on s’est dirigé vers Venice Beach, la célèbre plage.

Pourquoi la plage ? Déjà parce que c’est l’endroit préféré des gamins, et puis surtout, parce qu’on avait le secret espoir qu’au bord de la mer, l’étouffant et angoissant voile qui donne à cette ville un aspect grisâtre du matin au soir allait s’estomper, voire disparaître… Sans déconner, c’est ça qu’ils appellent la Cité des Anges ? J’espère pour eux qu’ils volent haut, sinon ils doivent avoir les poumons bien attaqués ! Tu vois rien à 500 mètres ici, c’est à peine si tu arrives à deviner que tu es entouré de montagnes… Paris, c’est Center Parcs à côté de ça !

Il faut dire que tout le monde se déplace en bagnole, les distances étant très longues, et les réseaux de métro et de bus d’une nullité absolue… Alors, au bout d’un moment, l’environnement s’en ressent, et ça fout bien les boules…

Je comprends maintenant pourquoi ils t’ont foutu des étoiles plein les trottoirs, sur Hollywood Boulevard, c’est qu’au moins, tu ne peux pas les louper celles-là, alors que celles qui sont censées briller tout là-haut dans le ciel, ce n’est pas toutes les nuits que tu dois y avoir droit…

Venice Beach, c’est génial ! Pas la plage en elle-même, mais tout le cinoche qui s’y passe autour. Entre les golgoths qui soulèvent comme des bourrins de la fonte sur les appareils de musculation, faisant des manières si des gens veulent les photographier (j’ai même pas essayé pour ma part…), alors qu’ils se donnent en spectacle du matin au soir, déguisés en stars du catch, et les basketteurs des playgrounds qui déclenchent environ chaque quart d’heure un semblant d’émeute suite à un incident de jeu, se limitant toujours à des échanges d’insultes, histoire de montrer que ce sont des durs, t’as de quoi te fendre la gueule.

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Ceux qui m’ont plu moi, ce sont les skaters. Ils ont l’air cool, ils ne se prennent pas la tête entre eux, et ce qu’ils font est super impressionnant en plus. J’avais essayé le skateboard pour ma part quand j’étais plus jeune, mais j’ai abandonné au bout de six ou sept minutes je crois, après m’être ouvert le coude, pété la cheville, et avoir troué mon jean au niveau des deux genoux…

Mais eux par contre, ils ont la classe… J’ai scotché un bon moment à les regarder, et puis on y est retourné tous ensemble un peu plus tard car je voulais que Jules voit ça aussi.

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On s’est ensuite baladé un peu le long de la plage, ouvrant grands nos yeux devant ce spectacle permanent que nous offrait cet endroit si particulier. On a même rencontré un clown, pas sympa du tout, qui a collé dans les pattes de nos gosses des ballons gonflables en forme d’épée et des chien sans leur demander leur avis, et qui a ensuite engueulé Jess, considérant que ce qu‘elle lui filait en fric n’était pas du tout à la hauteur de l’énorme débauche d’énergie et de créativité dont il venait de faire preuve.

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Sur le coup, on lui aurait bien fait bouffer ses ballons au clown, et puis finalement, on les a gardés, et Jules a pu frimer dans les rues de Venice avec sa nouvelle épée rouge.

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On a trouvé un parking non loin de la plage pour passer la nuit, on ne s’emmerde même plus à chercher un endroit en banlieue… la ville nous appartient !

Y’avait du boulot au programme le jour suivant… N’oubliez pas que je voulais remettre la main sur ce fameux Joshua Tree qui était, aux dernières nouvelles, venu tenter sa chance à Hollywood, après avoir été baptisé par Bono.

Avant d’entamer cette recherche intensive, nous avons commencé par une petite balade en camping-car dans le quartier de Beverly Hills, là où sont abandonnées à leur triste sort les millionnaires, voire plus, de la ville. C’est dur de vivre ici vous savez, quand vous êtes blindés d’oseille… vous êtes obligés de vous planquez dans d’immenses villas, cachées derrière d’énormes arbres qui montent jusqu’au ciel, ou pour les plus flippés, des portails en ferraille avec caméra. Les avenues sont magnifiques, bordées de deux sortes de palmiers, un très haut et tout mince, et l’autre plus petit et trapu, soigneusement disposés en alternance sur des kilomètres.

Donc, si on a bien compris avec Jess, quand tu résides ici, ton compte en banque comporte pas mal de zéros à la fin, mais ce n’est pas pour ça que tu es une star du cinéma, ou d’autre chose, qui habitent quant à elles plus haut, dans les collines. On s’y est aventuré un peu aussi par là, pas pour partir à la pêche à la vedette, mais toujours pour s’amuser à chercher un point de vue intéressant sur le panneau « HOLLYWOOD ». En une demi-heure de virée, on a dû croiser au moins 796 minibus, portant l’appellation « Celebrity Tours », et remplis de touristes, la langue pendante, les yeux écarquillés, prêts à dégainer, appareil photo chargé à bloc, au cas où ils auraient la chance d’apercevoir Jennifer Aniston se promener, le cul à l’air, au bord de sa piscine. C’est pathétique, mais ce business cartonne, croyez-moi !

Allez, c’est bien beau tout ça, mais maintenant, on redescend, direction Hollywood Boulevard, remonter le « Walk of Fame » et ses étoiles, dédiées aux différents artistes ayant marqué de leur empreinte l’histoire du cinéma, de la musique, de la radio ou de la télévision, voir leurs visages peints en grand sur les murs des bâtiments, et croiser quelques super-héros venus pour une visite amicale dans le quartier.

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La liste des personnalités auxquelles l’hommage est rendu ici est très longue, sûrement trop d’ailleurs, et tu demandes pourquoi certains y figurent, alors que d’un autre côté, on a laissé aux vestiaires des gens comme Leonardo DiCaprio, Harvey Keitel, Woody Allen, ou encore Bernard Ménez… Affligeant ! Il y a cependant certainement une raison à cela, mais je ne me suis pas plus penché sur le problème que ça…

Johnny n’y apparaît pas non plus, mais on a quand même trouvé un endroit où il a donné un concert sur ce boulevard, au Fonda Theatre. Quelle vedette !

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Et puis c’est plutôt rassurant de se dire qu’il ne vient pas dans cette ville que pour se faire soigner d’une maladie placée sous le grand secret, que même que Nikos Aliagas, un des meilleurs journalistes du monde et d’après ses dires grand grand ami de Johnny, qu’il a même pas pu nous dire qu’est-ce que c’était exactement à cause qu’il s’est fait jeté par les vrais proches du chanteur devant l’hosto… Ah que lui, c’est sûr qu’il va finir avec son étoile sur le trottoir le Nikos, s’il continue sur cette voie !

Au début, on a été un peu déçus parce qu’on s’attendait à voir, en plus des étoiles portant le nom des stars, leurs empreintes de main, de pied, ou plus si affinités, gravées dans le sol, mais ce n’était pas le cas. Tu croises malgré tout du joli monde, et ça fait tout de même rêver, même si la rue est un peu crade, laissant presque supposer qu’on n’y croit plus trop à cette magie…

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Mais heureusement, alors qu’on était sur le point de faire demi-tour, on l’a déniché ce fameux endroit où les plus vernis ont pu faire joujou dans le ciment frais… Ça se passe devant le « Grauman’s Chinese Theatre », et là, ça a de la gueule !

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Alors pour atterrir ici, il faut faire partie de l’élite de l’élite, c’est vraiment le Panthéon du Showbiz ! Les enfants ont pu marcher sur les pas de Donald Duck, et Jeanne, caresser les douces mains de Marilyn… Instants magiques…

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Tiens, d’ailleurs, tu sais d’où vient cette idée de demander à ces stars de laisser une trace éternelle sur le sol californien ?

Le premier à l’avoir fait à cet endroit était un illustre inconnu, un maçon français du nom de Jean Klossner, qui bossait dans le coin et qui, comme le faisaient avant lui les bâtisseurs de cathédrales, décida de laisser sa marque pour la postérité de cette façon. Sid Grauman, le propriétaire du Chinese Theatre, voyant cet acte, n’a pas dû cogiter longtemps avant de s’accaparer ce procédé, et inviter les plus grands noms à en faire de même devant son établissement. En voilà un autre excellent moyen de se faire de la publicité !

Bon, ben ça y est, on a vu tout le monde, c’est ça ? On peut se barrer maintenant ? Non mais tu rigoles ou quoi ? Et notre Joshua Tree alors, tu ne crois pas qu’on va quitter les lieux sans savoir ce qu’il est devenu quand même ! Alors on a cherché, on s’est renseigné un peu partout aussi, dans les restaurants et les bars du quartier, mais personne ne voyait de qui ou quoi on parlait, et on commençait vraiment à passer pour des guignols avec notre histoire d’arbre… Et finalement, quand j’en ai parlé à un vieux monsieur, agenouillé sur le trottoir, qui passe son temps, contre quelques dollars, à astiquer les étoiles pour essayer de maintenir en ces lieux un semblant de dignité, au détriment de la sienne le pauvre homme, il m’a dit se souvenir d’un arbre ayant débarqué durant les années quatre-vingts, se vantant d’avoir un lien de parenté avec Bono, et réclamant son droit à la célébrité, mais après des nombreuses analyses de contrôle, il s’est avéré que ce n’est pas la superstar qui lui avait pissé dessus, mais l’assistant photographe d’Anton Corbijn, et son rêve de gloire s’est terminé dans les quartiers pauvres de la ville, loin des paillettes et du champagne… C’est triste, mais les places sont chères dans ce monde impitoyable…

Ne voyez bien sûr dans cette histoire, dont les personnages sont fictifs, à part Bono qui m’a donné son accord pour utiliser son nom la dernière fois que je l’ai eu au téléphone,  aucune allusion méprisante envers les assistants photographes, ceux qui me connaissent l’auront bien deviné, ce poste m’ayant par ailleurs énormément appris et laissé d’excellents souvenirs, principalement aux côtés de mon ami photographe Philippe, de Rio de Janeiro.

Après cette triste nouvelle, nous décidons de retrouver Ducon, garé non loin de là, pour partir vers de nouvelles découvertes. Jules trouve quatre dollars par terre, les glisse rapidement dans sa poche, l’air de rien. On aurait préféré quatre-cents mais bon, on s’en contentera…

L’étape suivante fut culturelle, au Getty Center, un magnifique musée perché dans les hauteurs, à l’Ouest de Beverly Hills. Tu y accèdes par une petite navette qui surplombe l’autoroute, l’entrée est gratuite, et tu peux voir de belles expositions, pour tous les goûts. J’ai pu un peu me familiariser avec la peinture, domaine que je connais peu, sauf quand je barbouille la façade de mon atelier une fois tous les cinq ans ! Il y avait aussi une belle expo photos d’Ansel Adams et son travail sur les parcs nationaux américains, très beau… On peut aussi profiter des beaux jardins, des terrasses surplombant la ville au loin, et les enfants ont même pu exprimer leur talent dans un espace spécialement mis à leur disposition.

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Merci à Maria, avec qui on avait passé une belle soirée il y a plusieurs semaines à Gallup, New Mexico, et qui nous avait recommandé cet endroit, elle avait vu juste !

Pour finir cette journée en beauté, nous voulions aller voir Los Angeles depuis le Griffith Observatory, en haut du parc portant le même nom, qui offre une vue exceptionnelle sur la cité, comme on la voit dans les films…

Pour y arriver, on avait fait un petit détour pour emprunter Mulholland Drive, rendue célèbre par David Lynch au début des années deux mille.

C’est vrai que c’est beau une fois là-haut, et puis il vaut mieux se faire ça de nuit je pense, car tu oublies plus facilement la couche de pollution qui te pourrit le paysage quand il fait jour… En plus, la visite de l’observatoire est très intéressante et ludique.

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Et bien mes amis, voilà pour ce qui était de notre découverte de Los Angeles, sachant que pour moi, il y aura un second tour à venir, puisqu’il est prévu que j’y revienne la semaine prochaine avec mon neveu Léo, qui rêve de passer un moment ici.

À  ce propos, je suis plutôt content d’y retourner, car je ne sais pas trop quoi en penser de cette ville, suite à ce premier passage.

Sincèrement, j’y ai plus ressenti l’atmosphère étouffante et désespérée du quotidien d’Arturo Bandini dans le magnifique bouquin de John Fante, « Demande à la Poussière », même si sa description de la ville date des années 30 et la Grande Dépression, que le L.A. glamour dont de nombreux magazines très objectifs raffolent, ce que je n’espérais pas voir pour être honnête. Que voulez-vous, ce n’est pas ma faute si je suis plus branché par l’écriture du maître de Charles Bukowski, plutôt que par les pages à faux scandales des magazines Closer ou Public, dont j’ai au moins le mérite de connaître le nom.

En tout cas, que tu accroches ou non, c’est un endroit qui ne te laisse pas indifférent, et moi je suis fan d’y avoir fait escale.

Pour éviter un enfer au réveil le matin suivant, avec les embouteillages, on a entamé un peu en nocturne, jusqu’à Ventura, notre remontée vers le Nord, avec en point de mire San Francisco, pour retrouver la famille deux jours plus tard.

Le lendemain matin, on a trouvé un parc le long d’une plage, où l’on s’est arrêté pour vider les eaux sales, faire la vaisselle et prendre notre douche trimestrielle (c’est pour rire, on s’en permet deux en réalité !), et se réapprovisionner en eau propre.

Ça nous a pris deux bonnes heures tout ça, et les enfants en ont profité pour se défouler un peu, et partir à la cueillette des fleurs.

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Pour rallier Los Angeles à San Francisco, tu as deux solutions : soit tu es pressé, et tu bourrines sur l’autoroute 5, soit tu prends un peu ton temps, et tu remontes par la 1, qui longe l’océan Pacifique, mais t’offre un périple plus agréable pour les yeux.

Bon, en fait, j’ai menti, ce ne sont pas les deux seuls itinéraires possibles entre les deux villes, parce que si t’es vraiment absolument pas dans l’urgence, tu peux passer par New York, Miami ou Lima, mais vu sous cet angle, tous les chemins mènent à San Francisco !

Enfin bref, nous, on a opté pour la 1, et c’était bien cool. La seule petite erreur stratégique qu’on a faite, c’est de ne pas remplir d’essence le réservoir de Ducon avant de nous y engager…

On a d’abord traversé quelques bleds qui ont conservé leurs anciens Drive-in, j’adore ces endroits !

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On a aussi fait quelques pas sur une des nombreuses plages qu’on a croisées, juste histoire de sentir le vent nous balayer nos belles coupes de cheveux qu’on avait mis des heures à préparer devant la glace…

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Et puis juste avant que le soleil ne se couche, non loin de Gorda, on est tombé par hasard sur une autre plage qui sert de Motel à toutes les otaries qui zonent dans le coin.

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Il y en a des centaines qui galèrent là, entassés les uns sur les autres, c’est vraiment facile pour personne de nos jours…

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Après une rapide enquête, Jess nous a appris qu’il n’y avait ici que des femelles et leurs enfants, du bébé à l’adolescent, bullant tranquillou à la plage pendant que papa est parti à la pêche.

Une fois à Gorda, la jauge à carburant commençait à sérieusement tirer la gueule, et c’est là qu’on a regretté de ne pas être parti à ras bord… parce qu’à la seule station du coin, le gallon d’essence était à six dollars, tout simplement du vol !

Quand on pense que dans le Tennessee, ça nous coûtait la moitié…

Finalement, ça ne nous a pas fait mal au portefeuille, puisque les pompes étaient à sec et qu’on n’a pas pu en récupérer ne serait-ce qu’une goutte. Mais comme on a essayé chacune d’elles, ne comprenant pas ce qu’il se passait, la banque a bloqué notre carte pour plusieurs jours, et on s’est retrouvé un peu comme des cons…

On s’est arrêté un peu plus loin pour la nuit, sur le bord de la route, avec le bruit des vagues pour berceuse. C’était hier soir…

Et puis ce matin, après avoir contemplé la belle vue depuis la fenêtre de notre chambre, située juste au-dessus du volant, on s’est remis en route pour la dernière ligne droite jusqu’à San Francisco, d’où je vous parle maintenant.

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On a fait quelques courses, nettoyé la maison, on est prêts quoi… Alors prépare-toi Mamy (c’est comme ça que j’appelle ma mère), on va t’en faire voir de toutes les couleurs !

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Une réflexion sur “San Francisco International Airport, California

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